‹ ThéâtreChapitre 122 sur 405 · ACTE I — SCÈNE XI i8i · texte numérisé non relu

ACTE I — SCÈNE XI i8i

SILVIA

Là, là, mon fils, doucement. Il m'aime ; quel plaisir d'être aimée comme cela !

FLAMINIA

Vous me ravissez tous deux, mes chers enfants, et vous êtes bien aimables de vous être si fidèles. (Bas.) Si quelqu'un m'entendait dire cela, je serais perdue... mais, dans le fond du cœur, je vous estime et je vous plains.

SILVIA

Hélas ! c'est que vous êtes un bon cœur. J'ai bien soupiré, mon cher Arlequin.

ARLEQUIN, tendrement.

M 'aimez- vous toujours ?

SILVIA

Si je vous aime ! Cela se demande-t-il ? est-ce une question à faire ?

FLAMINIA

Oh ! pour cela, je puis vous certifier sa tendresse. Je l'ai vue au désespoir, je l'ai vue pleurer de votre absence ; elle m'a touchée moi-même. Je mourais d'envie de vous voir ensemble ; vous voilà. Adieu, mes amis ; je m'en vais, car vous m'attendrissez. Vous me faites tristement ressouvenir d'un amant que j'avais, et qui est mort. Il avait de l'air d'Arlequin, et je ne l'oubHerai jamais. Adieu, Silvia ; on m'a mise auprès de vous, mais je ne vous desservirai point. Aimez toujours Arlequin, il le mérite ; et vous. Arlequin, quelque chose qui arrive, regardez-moi comme une amie, comme une personne qui voudrait pouvoir vous obhger ; je ne néghgerai rien pour cela.

i82 LA DOUBLE INCONSTANCE

ARLEQUIN

Allez, mademoiselle, vous êtes une fille de bien. Je suis votre ami aussi, moi. Je suis fâché de la mort de votre amant ; c'est bien dommage que vous soyez affligée, et nous aussi.

(Flaminia sort.)

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