‹ ThéâtreChapitre 127 sur 405 · SCÈNE PREMIÈRE SILVIA, FLAIMIXIA · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE SILVIA, FLAIMIXIA

SILVIA

Oui, je vous crois. Vous paraissez me vouloir du bien. Aussi vous voyez que je ne souffre que vous ; je regarde tous les autres comme mes ennemis. ]\Iais où est Arlequin ?

FLAMINIA

Il va venir ; il dîne encore.

SILVIA

C'est quelque chose d'épouvantable que ce pays -ci. Je n'ai jamais vu de femmes aussi prévenantes, d'hommes aussi honnêtes. Ce sont des manières si douces, tant de révérences, tant de comphments, tant de signes d'amitié ! Vous diriez que ce sont les meilleures gens du monde, qu'ils sont pleins de cœur et de conscience. Quelle erreur ! De tous ces gens-là, il n'y en a pas un qui ne vienne me dire d'un air prudent : ^< Mademoiselle, croyezmoi, je vous conseille d'abandonner Arlequin et d'épouser le prince » ; mais ils me conseillent cela tout naturellement, sans avoir honte, non plus que s'ils m'exhortaient à quelque bonne action. « Mais, leur dis-je, j'ai promis à Arlequin ; où est la fidélité, la probité, la bonne foi ? » Ils ne

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