‹ ThéâtreChapitre 14 sur 405 · SCÈNE VI LA FÉE, TRIVELIN · texte numérisé non relu

SCÈNE VI LA FÉE, TRIVELIN

LA FÉE

Eh bien ! notre jeune homme a-t-il goûté ?

TRIVELIN

Oui, goûté comme quatre ; il excelle en fait d'appétit.

LA FÉE

Où est-il à présent ?

TRI VELIN

Je crois qu'il joue au volant dans les prairies ; mais j'ai une nouvelle à vous apprendre.

LA FÉE

Quoi ? qu'est-ce que c'est ?

TRI VELIN

Merlin est venu pour vous voir.

LA FÉE

Je suis ravie de ne m'y être point rencontrée ; car c'est une grande peine que de feindre de l'amour pour qui l'on n'en sent plus.

TRI VELIN

En vérité, madame, c'est bien dommage que ce petit innocent l'ait chassé de votre cœur. Merlin est au comble de la joie ; il croit vous épouser incessamment. Imagines-tu quelque chose d'aussi beau qu'elle ? me disait-il tantôt, en regardant votre portrait. Ah ! Trivelin, que de plaisirs m'attendent ! Mais je vois bien que, de ces plaisirs-là, il n'en tâtera qu'en idée ; et cela est d'une triste ressource, quand on s'en est promis la belle et bonne réaUté. Il reviendra ; comment vous tirerez- vous d'affaire avec lui ?

LA FÉE

Jusqu'ici je n'ai d'autre parti à prendre que de

le tromper.

TRIVELIN

Et n'en sentez- vous pas quelque remords de conscience ?

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