SCÈNE II TRIVELIN, ARLEQUIN
TRIVELIN, après quelque temps.
Eh bien, que voulez-vous que je fasse de l'écritoire et du papier que vous m'avez fait prendre ?
ARLEQUIN
Donnez -vous patience, mon domestique.
TRIVELIN
Tant qu'il vous plaira.
ARLEQUIN
Dites-moi, qui est-ce qui me nourrit ici ?
TRIVELIX.
C'est le prince.
ARLEQUIN
Par la sambille ! la bonne chère que je fais me donne des scrupules.
TRIVELIN
D'où vient donc ?
ARLEQUIN
Mardi ! j'ai peur d'être en pension sans le savoir.
TRIVELIN
Ah ! ah ! ah ! ah !
ARLEQUIN
De quoi riez-vous, grand benêt ?
Je ris de votre idée, qui est plaisante. Allez, allez, seigneur Arlequin, mangez en toute sûreté de conscience et buvez de même.
ARLEQUIN
Dame ! je prends mes repas dans la bonne foi ; il me serait bien rude de me voir apporter le mémoire de ma dépense ; mais je vous crois. Ditesmoi, à présent, comment s'appelle celui qui rend compte au prince de ses affaires ?
TRIVELIN
Son secrétaire d'État, voulez-vous dire ?
ARLEQUIN
Oui ; j'ai dessein de lui faire un écrit pour le prier d'avertir le prince que je m'ennuie, et de lui