SCÈNE VII LE CHEVALIER, les acteurs précédents
LE CHEVALIER
Vous m'avez peut-être attendu, madame, et je vous prie de m'excuser ; j'étais en affaire.
LA marquise.
Il n'y a pas grand mal, monsieur le chevalier ; c'est une lecture retardée, voilà tout.
LE CHEVALIER
J'ai cru d'abord que monsieur le comte vous tenait compagnie, et cela me tranquillisait.
LUBIN, derrière.
Ahi ! ahi ! je m'enfuis.
LA MARQUISE, examinant le chevalier.
On m'a dit que vous l'aviez vu, le comte ?
LE CHEVALIER
Oui, madame.
LA MARQUISE, le regardant toujoiirs.
C'est un fort honnête homme.
Sans doute ; et je le crois même d'un esprit très propre à consoler ceux qui ont du chagrin.
LA MARQUISE
Il est fort de mes amis.
LE CHEV-ALIER.
Il est des miens aussi.
LA MARQUISE
Je ne savais pas que vous le connaissiez beaucoup : il vient ici quelquefois, et c'est presque le seul des amis de feu monsieur le marquis que je voie encore ; il m'a paru mériter cette distinctionlà, qu'en dites-vous ?
LE CHEVALIER
Oui, madame, vous avez raison, et je pense comme vous ; il est digne d'être excepté.
LA MARQUISE, à Lisette, bas.
Trouvez- vous cet homme-là jaloux, Lisette ?
LE CHEVALIER, à part.
Monsieur le comte et son mérite m'ennuient. (A la marquise.) Madame, OU a parlé d'une lecture, et si je croyais vous déranger je me retirerais.
LA MARQUISE
Puisque la conversation vous ennuie, nous allons lire.
LE CHEVALIER
Vous me faites un étrange compliment.
Point du tout, et vous allez être content. (A Lisette.) Retirez-vous, Lisette, vous me déplaisez là. (A Hortensius.) Et VOUS, monsieur, ne vous écartez point.