‹ ThéâtreChapitre 22 sur 405 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

ARLEQUIN lui baise et rebaise la main ; et après, faisant réflexion au plaisir qu'il vient d'avoir, il dit :

Oh ! mais, mon amie, peut-être que le marché nous fâchera tous deux.

Eh ! quand cela nous fâchera tout de bon, ne sommes-nous pas les maîtres ?

ARLEQUIN

Il est vrai, mon amie. Cela est donc arrêté?

SILVIA

Oui.

ARLEQUIN

Cela sera tout divertissant : voyons pour voir.

(Arlequin ici badine, et l'interroge pour rire.) M'aimeZ-VOUS

beaucoup ?

SILVIA

Pas beaucoup.

ARLEQUIN, sérieusement.

Ce n'est que pour rire au moins ; autrement... SILVIA, riant.

Eh ! sans doute.

ARLEQUIN, poursuivant toujours la badinerie, et riant.

Ah ! ah ! ah ! Donnez-moi votre main, ma mignonne.

SILVIA

Je ne le veux pas.

ARLEQUIN, souriant.

Je sais pourtant que vous le voudriez bien.

Plus que vous ; mais je ne veux pas le dire.

ARLEQUIN, souriant encore ici ; puis changeant de façon, et tristement.

Je veux la baiser, ou je serai fâché.

SILVIA

Vous badinez, mon ami ?

ARLEQUIN, toujours tristement.

Non.

SILVIA

Quoi ! c'est tout de bon ?

ARLEQUIN

Tout de bon.

SILVIA, en lui tendant la main.

Tenez donc.

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