‹ ThéâtreChapitre 220 sur 405 · ACTE II — SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II — SCÈNE IX

LA MARQUISE

Ah ! je demeurerai neutre, si la querelle continue ; car je m'imagine que vous ne voudrez pas la recommencer : nos occupations vous ennuient, n'est-il pas vrai ?

LE CHEVALIER

Il faut être plus tranquille que je ne suis, pour réussir à s'amuser.

LA MARQUISE

Ne vous gênez point, chevalier, vivons sans façon ; vous voulez peut-être être seul : adieu^ je vous laisse.

LE CHEVALIER

Il n'y a plus de situation qui ne me soit à charge.

LA MARQUISE

Je voudrais de tout mon cœur pouvoir vous calmer l'esprit.

(Elle parle lentement.) LE CHEVALIER, pendant qu'elle marche.

Ah ! je m'attendais à plus de repos quand j'ai rompu mon voyage ; je ne ferai plus de projets, je vois bien que je rebute tout le monde.

LA MARQUISE, s'arrêtant au milieu du théâtre.

Ce que je lui entends dire là me touche ; il ne serait pas généreux de le quitter dans cet état-là. (Elle revient.) Non, chevalier, vous ne me rebutez point ; ne cédez point à votre douleur : tantôt vous partagiez mes chagrins, vous étiez sensible à la part que je prenais aux vôtres, pourquoi n'êtesvous plus de même ? C'est cela qui me rebuterait, par exemple, car la véritable amitié veut qu'on fasse quelque chose pour elle, elle veut consoler.

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