ACTE II — SCÈNE IX
LA MARQUISE
Écoutez, je n'avais pas moins besoin de cette explication-là que vous.
LE CHEVALIER
Que vous me charmez ! Que vous me donnez de
joie ! (Il lui baise la main.)
LA MARQUISE, riant.
On le prendrait pour mon amant, de la manière dont il me remercie.
LE CHEVALIER
Ma foi, je défie un amant de vous aimer plus que je fais ; je n'aurais jamais cru que l'amitié allât si loin, cela est surprenant ; l'amour est moins vif.
LA MARQUISE
Et cependant il n'y a rien de trop.
LE CHEVALIER
Non, il n'y a rien de trop ; mais il me reste une grâce à vous demander. Gardez- vous Hortensius ? Je crois qu'il est fâché de me voir ici, et je sais lire aussi bien que lui.
LA MARQUISE
Eh bien, chevalier, il faut le renvoyer : voilà toute la façon qu'il faut faire.
LE CHEVALIER
Et le comte, qu'en ferons-nous ? Il m'inquiète un peu.
LA MARQUISE
On le congédiera aussi ; je veux que vous soyez content, je veux vous mettre en repos. Donnez-moi la main, je serais bien aise de me promener dans le jardin.
LE CHEVALIER
Allons, marquise.