‹ ThéâtreChapitre 280 sur 405 · ACTE II — SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE II — SCÈNE X

c'est ma facilité qui le place là. Lève-toi donc, Bourguignon, je t'en conjure ; il peut venir quelqu'un. Je dirai ce qu'il te plaira ; que me veux-tu ? je ne te hais point. Lève-toi; je t'aimerais, si je pouvais ; tu ne me déplais point ; cela doit te suffire.

DORANTE

Quoi ! Lisette, si je n'étais pas ce que je suis, si j'étais riche, d'une condition honnête, et que je t'aimasse autant que je t'aime, ton cœur n^aurait point de répugnance pour moi ?

SILVIA

Assurément.

DORANTE

Tu ne me haïrais pas ? Tu me souffrirais ?

SILVIA

Volontiers. Mais lève-toi.

DORANTE

Tu parais le dire sérieusement, et, si cela est, ma raison est perdue.

Je dis ce que tu veux, et tu ne te lèves point.

MONSIEUR ORGON, s'approchant.

C'est bien dommage de vous interrompre ; cela va à merveille, mes enfants ; courage !

SILVIA

Je ne saurais empêcher ce garçon de se mettre à genoux, monsieur. Je ne suis pas en état de lui en imposer, je pense.

MONSIEUR ORGON

Vous VOUS convenez parfaitement bien tous deux ; mais j'ai à te dire un mot, Lisette, et vous reprendrez votre conversation quand nous serons partis. Vous le voulez bien, Bourguignon ?

DORANTE

Je me retire, monsieur.

MONSIEUR ORGON

Allez, et tâchez de parler de votre maître avec un peu plus de ménagement que vous ne faites,

DORANTE

Moi, monsieur !

MARIO

Vous-même, monsieur Bourguignon ; vous ne brillez pas trop dans le respect que vous avez pour votre maître, dit-on.

Je ne sais ce qu'on veut dire.

MONSIEUR ORGON

Adieu, adieu ; vous vous justifierez une autre fois.

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