‹ ThéâtreChapitre 30 sur 405 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

échappe le moindre mot qui lui fasse deviner que je vous aie forcée à lui parler comme je le veux, tout est prêt pour votre supplice.

SILVIA

Moi, lui dire que j'ai voulu me moquer de lui ! Cela est -il raisonnable ? Il se mettra à pleurer, et je me mettrai à pleurer aussi. Vous savez bien que cela est immanquable.

LA FEE, en colère.

Vous osez me résister ! Paraissez, esprits infernaux ; enchaînez-la, et n'oubliez rien pour la tourmenter. (Des esprits entrent.) SILVIA, pleurant.

N'avez-vous pas de conscience de me demander une chose impossible ?

LA FÉE, aux esprits.

Allez prendre l'ingrat qu'elle aime, et donnez-lui la mort à ses yeux.

SILVIA

La mort ! Ah ! Madame la fée, vous n'avez qu'à le faire venir ; je m'en vais lui dire que je le hais, et je vous promets de ne point pleurer du tout ; je l'aime trop pour cela.

LA FÉE

Si vous versez une larme, si vous ne paraissez tranquille, il est perdu, et vous aussi. (Aux esprits.) Ôtez-lui ses fers. (A SUvia.) Quand vous lui aurez parlé, je vous ferai reconduire chez vous, si j'ai lieu d'être contente ; il va venir ; attendez ici.

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