‹ ThéâtreChapitre 301 sur 405 · ACTE III — SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III — SCÈNE VIII

SILVIA, à part.

Quelle froideur ! (Haut.) J'ai eu beau décrier votre valet et prendre sa conscience à témoin de son peu de mérite ; j'ai eu beau lui représenter qu'on pouvait du moins reculer le mariage, il ne m'a pas seulement écoutée. Je vous avertis même qu'on parle d'envoyer chez le notaire, et qu'il est temps de vous déclarer.

DORANTE

C'est mon intention. Je vais partir incognito, et je laisserai un billet qui instruira M. Orgon de tout.

SILVIA, à part.

Partir ! ce n'est pas là mon compte.

DORANTE

N'approuvez-vous pas mon idée ?

Mais... pas trop.

DORANTE

Je ne vois pourtant rien de mieux dans la situation où je suis, à moins que de parler moimême, et je ne saurais m'y résoudre. J'ai d'ailleurs d'autres raisons qui veulent que je me retire ; je n'ai plus que faire ici.

SILVIA

Comme je ne sais pas vos raisons, je ne puis ni les approuver ni les combattre, et ce n'est pas à moi de vous les demander.

DORANTE

Il vous est aisé de les soupçonner, Lisette.

SILVIA. ^ Y

Mais je pense, par exemple, que vous avez d€/u jia^out pour la fille de M. Orgon. ^ ^

DORANTE

Ne voyez-vous que cela ?

SILVIA

Il y a bien encore certaines choses que je pourrais supposer ; mais je ne suis pas folle, et je n'ai pas la vanité de m'y arrêter.

DORANTE

Xi le courage d'en parler ; car vous n'auriez rien d'obligeant à me dire. Adieu, Lisette.

Prenez gstrde ; je crois que vous ne m'entendez pas, je suis obligée de vous le déclarer.

DORANTE

A merveille ! et l'explication ne me serait pas favorable. Gardez-moi le secret jusqu'à mon départ.

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