‹ ThéâtreChapitre 32 sur 405 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

SILVIA

Oui, encore une fois ; tout cela est vrai.

ARLEQUIN, pleurant de toutes ses forces.

Hi ! hi ! hi !

SILVIA, à part.

Le courage ine manque. (Arlequin cherche dans ses

poches ; il en tire xap. petit couteau qu'il aiguise sur sa manche.)

Qu'ai lez- VOUS donc faire ? (Arlequin, sans répondre,

allonge le bras comme pour prendre sa secousse, et ouvre un

peu son estomac.) Ah ! il va se tuer. Arrêtez-vous, mon amant ; j'ai été obligée de vous dire des

menteries. (En parlant à la fée qu'elle croit à côté d'elle.)

Madame la fée, pardonnez-moi. En quelque endroit que vous soyez ici, vous voyez bien ce qu'il en est.

ARLEQUIN

Ah ! quel plaisir ! Soutenez-moi, m'amour ; je

m'évanouis d'aise. (Silvia le soutient. Trivelin paraît tout d'un coup à leurs yeux.)

SILVIA, surprise.

Ah ! voilà la fée.

TRIVELIN

Non, mes enfants, ce n'est pas la fée ; mais elle m'a donné son anneau, afin que je vous écoutasse sans être vu. Ce serait bien dommage d'abandonner de si tendres amants à sa fureur ; aussi bien ne mérite-t-elle pas qu'on la serve, puisqu'elle est infidèle au plus généreux magicien du monde à qui je suis dévoué. Soyez en repos ; je vais vous donner un moyen d'assurer votre bonheur. Il faut qu'Arlequin paraisse mécontent de vous, Silvia ; et que, de votre côté, vous feigniez de le quitter en le raillant. Je vais chercher la fée qui m'attend, à qui je dirai que vous vous êtes parfaitement acquittée de ce qu'elle vous avait ordonné ;

elle sera témoin de votre retraite. Pour vous, Arlequin, quand Silvia sera sortie, vous resterez avec la fée ; et alors, en l'assurant que vous ne songez plus à Silvia infidèle, vous jurerez de vous attacher à la magicienne, et tâcherez par quelque tour d'adresse, et comme en badinant, de lui prendre sa baguette. Je vous avertis que dès qu'elle sera dans vos mains, la fée n'aura plus aucun pouvoir sur vous deux ; et qu'en la touchant elle-même d'un coup de baguette, vous en serez absolument le maître. Pour lors, vous pourrez sortir d'ici et vous faire telle destinée qu'il vous plaira. ^^^^^^^

Je prie le ciel qu'il vous récompense.

ARLEQUIN

Oh ! quel honnête homme ! Quand j'aurai la baguette, je vous donnerai votre plein chapeau de liards.

Préparez- vous ; je vais amener ici la fée.

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