‹ ThéâtreChapitre 337 sur 405 · SCÈNE PREMIÈRE DORANTE, BLAISE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE DORANTE, BLAISE

DORANTE

Eh bien ! maître Biaise, que me veux-tu ? Parle, puis- je te rendre quelque service ?

BLAISE

Oh 1 dame ! comme c'dit l'autre, vous en êtes bian capable.

^ DORANTE

De quoi s'agit-il ?

BLAISE

Morgue ! v'ià bien monsieur Dorante ; quand faut sarvir le monde, jarnicoton ! ça ne barguigne point. Que ça est agriable ! le biau naturel d'homme ! dorante.

Voyons ; je serai charmé de t'être utile.

BLAISE

Oh ! point du tout : c'est vous, monsieur, qui charmez les autres.

DORANTE

Explique-toi.

BLAISE

Boutez d'abord dessus.

DORANTE

Non ; je ne me couvre jamais.

486 L'HEUREUX STR.\TAGÈME

BLAISE

C'est bian fait à vous. Moi, je me couvTe toujours ; ce n'est pas mal fait non pus.

DOIL\NTE.

Parle...

BL.AJSE, riant.

Eh ! eh bien ! qu'est-ce ? Comment vous va, monsieur Dorante ? Toujours gros et gras. J'ons vu le temps que vous étiez mince ; mais, morgue ! ça s'est bian amendé. Vous v'ià bian en char.

DOIL\NTE.

Tu avais, ce me semble, quelque chose à me dire ; entre en matière sans compliment.

BLAISE

Oh î c'est un petit bout de ci\àHté en passant, comme ça se doit.

DORANTE

C'est que j'ai affaire.

BL.\ISE.

Morgue ! tant pis ; les affaires baillont du souci.

Dans un moment, il faut que je te quitte ; achève.

BLAISE

Je commence. C'est que je venons par rapport à noute fille, pour l'amour de ce qu'aile va être la femme d'Arlequin, voûte valet.

DORANTE

Je le sais.

BLAISE

Dont je savons qu'vous êtes consentant, à cause qu'aile est femme de chambre de madame la comtesse, qui va vous prendre itou pour son homme.

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