‹ ThéâtreChapitre 346 sur 405 · DORANTE, LA COMTESSE, LISETTE · texte numérisé non relu

DORANTE, LA COMTESSE, LISETTE

DORANTE, arrêtant la comtesse.

Quoi ! madame, j'arrive, et vous me fuyez !

LA COMTESSE

Ah ! c'est vous, Dorante ! je ne vous fuis point, je m'en retourne. j^orante.

De grâce, donnez-moi un instant d'audience.

LA COMTESSE

Un instant, rien qu'un instant, au moins ; car j'ai peur qu'il ne me vienne compagnie.

DOIL\XTE.

On vous avertira, s'il vous en vient. Souffrez que je vous parle de mon amour.

LA COMTESSE

N'est-ce que cela ? Je sais votre amour par cœur. Que me veut-il donc, cet amour ?

DORANTE

Hélas ! madame, de l'air dont vous m'écoutez, je vois bien que je vous ennuie.

LA COMTESSE

A vous dire vrai, votre prélude n'est pas amusant.

DORANTE

Que je suis malheureux ! Qu'êtes-vous devenue pour moi ? Vous m.e désespérez.

Dorante, quand quitterez-vous ce ton lugubre

et cet air noir ?

DOR,A.NTE.

Faut-il que je vous aime encore, après d'aussi cruelles réponses que celles que vous me faites !

LA COMTESSE

Cruelles réponses ! Avec quel goût vous prononcez cela ! Que vous auriez été un excellent héros de roman ! Votre cœur a manqué sa vocation, Dorante.

DORANTE

Ingrate que vous êtes !

LA COMTESSE, riant.

Ce style-là ne me corrigera guère.

ARLEQUIN, gémissant.

Hi ! hi ! hi !

LA COMTESSE

Tenez, monsieur, vos tristesses sont si contagieu-

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