‹ ThéâtreChapitre 349 sur 405 · ACTE I — SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I — SCÈNE VI

LISETTE

Oh ! de très fortes, monsieur ; il faut en convenir,

a fidélité n'est bonne à rien ; c'est mal fait d'en ivoir. De beaux yeux ne servent pas à grand'- :hose ; un seul homme en profite ; tous les autres iont morts. Il ne faut tromper personne ; avec :ela on est enterrée, l' amour-propre n'a point sa part ; c'est comme si on avait cent ans. Ce n'est pas qu'on ne vous estime ; mais l'ennui s'y met. [1 vaudrait autant être vieille ; et cela vous fait tort.

DORANTE

Quel étrange discours me tiens-tu là ?

ARLEQUIN

Je n'ai jamais vu de paroles de si mauvaise mine.

DORANTE

Exphque-toi donc.

LISETTE

Quoi ! vous ne m'entendez pas ? Eh bien I monsieur, on vous distingue.

DORANTE

Veux-tu dire qu'on m'aime ?

LISETTE

Eh ! non. Cela peut y conduire, mais cela n'y est pas.

DORANTE

Je n'y conçois rien. Aime-t-on le chevaher ?

C'est un fort aimable homme.

DORANTE

Et moi, Lisette ?

LISETTE

Vous étiez fort aimable aussi. M' entendez- vous à cette heure ?

DORANTE

Ah ! je suis outré.

ARLEQUIN

Et de moi, suivante de mon âme, qu'en fais-tu ?

LISETTE

Toi ? je te distingue.

ARLEQUIN

Et moi, je te maudis, chambrière du diable !

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