‹ ThéâtreChapitre 390 sur 405 · SCÈNE IV DORANTE, LA MARQUISE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV DORANTE, LA MARQUISE

LA MARQUISE

C'est apparemment de la part de la comtesse?

DORANTE

Sans doute ; et vous voyez combien elle est agitée.

LA MARQUISE

Et vous brûlez d'envie de vous rendre ?

" DORANTE

Me siérait-il de faire le cruel ?

Nous touchons au terme ; mais nous manquons notre coup, si vous allez si vite. Ne vous y trompez point, les mouvements qu'on se donne sont encore équivoques ; il n'est pas sûr que ce soit de l'amour. J'ai peur qu'on ne soit plus jalouse de moi que de votre cœur, et qu'on ne médite de triompher de vous et de moi, pour se moquer de nous deux.

Toutes nos mesures sont prises ; allons jusqu'au contrat, comme nous l'avons résolu ; ce moment seul décidera si Ton vous aime. L'amour a ses expressions, l'orgueil a les siennes ; l'amour soupire de ce qu'il perd, l'orgueil méprise ce qu'on lui refuse. Attendons le soupir ou le mépris ; tenez bon jusqu'à cette épreuve, pour l'intérêt de votre amour même. Abrégez avec Lisette, et revenez me trouver.

DORANTE

Ah ! votre épreuve me fait trembler ! Elle est pourtant raisonnable ; et je m'y exposerai, je vous le promets.

LA MARQUISE

Je soutiens moi-même un personnage qui n'est pas fort agréable, et qui le sera encore moins sur la fin ; car il faudra que je supplée au peu de courage que vous me montrez. Mais que ne fait-on pas pour se venger ? Adieu. (Elle sort.)

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