ACTE III — SCÈNE V
ARLEQUIN
Oh 1 monsieur, point du tout.
LISETTE
Vous, l'épouser !
ARLEQUIN
Jamais.
DORANTE
Tais-toi... Ne me retiens point, Lisette ; que me veux-tu ? ^j3^^^^
Eh, doucement ! donnez-vous le temps de respirer. Ah ! que vous êtes changé I
ARLEQUIN
C'est cette perfide qui le fâche ; mais ce ne sera
"^^' LISETTE
Vous ressouvenez-vous que j'appartiens à madame la comtesse, monsieur ? L'avez-vous oubliée elle-même? dorante.
Non ; je l'honore, je la respecte toujours ; mais je pars, si tu n'achèves.
LISETTE
Eh bien ! monsieur, je finis. Qu'est-ce que c'est que les hommes !
DORANTE, s'en aUant.
Adieu.
ARLEQUIN
Cours après.
LISETTE
Attendez donc, monsieur.
DORANTE
C'est que tes exclamations sur les hommes sont si mal placées, que j'en rougis pour ta maîtresse.
ARLEQUIN
Véritablement l'exclamation est effrontée avec nous, supprime-la. ^^^^^^^
C'est pourtant de sa part que je viens vous dire qu'elle souhaite vous parler.
DORANTE
Quoi ! tout à l'heure ?
LISETTE
Oui, monsieur.
Le plus tôt c'est le mieux.
DORANTE
Te tairas-tu, toi ? Est-ce que tu es raccommodé avec Lisette ? , ^, ^^,
ARLEQUIN
Hélas ! monsieur, l'amour l'a voulu, et il est le maître ; car je ne le voulais pas, moi.
DORANTE
Ce sont tes affaires. Quant à moi, Lisette, dites à madame la comtesse que je la conjure de vouloir bien remettre notre entretien ; que j'ai, pour le différer, des raisons que je lui dirai. Je lui en demande mille pardons ; mais elle m'approuvera elle-même.
LISETTE
Monsieur, il faut qu'elle vous parle ; elle le veut.
ARLEQUIN, se mettant à genoux.
Et voici moi qui vous en supplie à deux genoux. Allez, monsieur, cette bonne dame est amendée ; je suis persuadé qu'elle vous dira d'excellentes choses pour le renouvellement de votre amour.
DORANTE
Je crois que tu as perdu l'esprit. En un mot,