‹ ThéâtreChapitre 400 sur 405 · ACTE III — SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III — SCÈNE VIII

deux, que vous m'en dérobez d'irréparables, et que je meurs. Expédions.

LA COMTESSE

Non, monsieur le chevalier ; ce n'est pas mon dessein. ^^ chevalier.

Nous n'épouserons pas ?

LA COMTESSE

Non.

LE CHEVALIER

Qu'est-ce à dire, non ?

LA COMTESSE

Non signifie non. Je veux vous raccommoder avec la marquise.

LE CHEVALIER

Avec la marquise ! Mais c'est vous que j'aime, madame. ^^ comtesse.

Mais c'est moi qui ne vous aime point, monsieur. Je suis fâchée de vous le dire si brusquement ; mais il faut bien que vous le sachiez.

LE CHEVALIER

Vous mé raillez, sandis !

LA COMTESSE

Je vous parle très sérieusement.

LE CHEVALIER

Ma comtesse, finissons ; point dé badinage avec un cur qui va périr d'épouvante.

LA COMTESSE

Vous devez vous être aperçu de mes sentiments. J'ai toujours différé le mariage dont vous parlez, vous le savez bien. Comment n'avez- vous pas senti que je n'avais pas envie de conclure ?

LE CHEVALIER

Lé comble dé mon bonheur, vous l'avez remis à ce soir.

LA COMTESSE

Aussi le comble de votre bonheur peut -il ce soir arriver de la part de la marquise. L'avez-vous vue, comme je vous l'ai recommandé tantôt ?

LE CHEVALIER

Recommandé ! Il n'en a pas été question, cadédisi

LA COMTESSE

Vous vous trompez ; monsieur, je crois vous l'avoir dit.

LE CHEVALIER

Mais, la marquise et lé chevalier, qu'ont-ils à démêler ensemble ?

LA COMTESSE

Ils ont à s'aimer tous deux, de même qu'ils s'aimaient, monsieur. Je n'ai point d'autre parti à vous offrir que de retourner à elle, et je me charge de vous réconcilier.

LE CHEVALIER

C'est une vapeur qui passe.

LA COMTESSE

C'est un sentiment qui durera toujours.

Je vous le garantis éternel.

LE CHEVALIER

Frontin, où en sommes-nous ?

FRONTIN

Mais, à vue de pays, nous en sommes à rien. Ce chemin-là n'a pas l'air de nous mener au gîte.

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