ACTE I — SCÈNE VI
madame ? Allons, allons, levez la tête, et rendeznous compte de la sottise que vous venez de faire.
ARLEQUIN, la regardant doucement.
Par la jarni ! qu'elle est jolie !
LA COMTESSE
Laisse-le là ; je crois qu'il est imbécile.
COLOMBINE
Et moi, je crois que c'est malice. Parleras-tu ?
ARLEQUIN
C'est que mon maître a fait vœu de fuir les femmes, parce qu'elles ne valent rien.
COLOMBINE
Impertinent !
ARLEQUIN
Ce n'est pas votre faute, c'est la nature qui vous a bâties comme cela; et moi, j'ai fait vœu aussi. Nous avons souffert comme des misérables à cause de votre bel esprit, de vos jolis charmes, et de votre tendre cœur.
Hélas ! quelle lamentable histoire ! Et comment te tireras-tu d'affaire avec moi ? Je suis une espiègle, et j'ai envie de te rendre un peu misérable de ma façon.
ARLEQUIN
Prrrr ! il n'y a pas pied.
LA COMTESSE
Là, mon ami ; va dire à ton maître que je me
yS LA SURPRISE DE L'AMOUR
soucie fort peu des hommes, mais que je souhaiterais lui parler.
ARLEQUIN
Je le vois là qui m'attend; je m'en vais l'appeler.