ACTE I, SCÈNE I
Accueillez votre OEdipe, ô chastes Euménides!
Je sais que les Thébains, que mes fils odieux, M’envîront le repos que j’espère en ces lieux : • Daignez donc me couvrir d’un regard tutélaire,
Et contre leurs efforts tournez votre colère.
AHX1COKE.
Que par son Antigone OEdipe consolé D’un fatal souvenir ne soit plus accablé :
Qu’OEdipe, dans mes bras, vive heureux et tranquille!
ŒDIPE
O! ma douce compagne et mon unique asile,
O ! d’un faible vieillard jeune et faible soutien ,
Tes yeux furent mes yeux; mon exil fut le tien.
Les malheurs sur OEdipe ont épuisé leur rage,
Plus grands de jour en jour, mais moins que ton courage. Des parens inhumains, des fils dénaturés, *
Ont poursuivi mes jours aux larmes consacrés.
D’un père criminel fille innocente et pure,
Seule, seule pour moi tu sentis la nature.
J’ai des fils, des parens; je ne suis point proscrit:
Ah! de la main des dieux ton bonheur est écrit.
Et ces dieux, implorés par ma reconnaissance,
Ne m’auront pas en vain promis ta récompense.
àmtigone.
Je l’ai déjà, mon^père; elle est auprès de vous:
Mais je vois des vieillards qui s’avancent vers nous. L’humanité se peint sur leurs fronts vénérables,
Et sans doute, à nos vœux ils seront favorables.
aogle
if>4 OEDIPE A COLONE.
Tout mortel, à cet âge, instruit par le malheur, Des mortels affligés sait plaindre la douleur.