‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 113 sur 286 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Accueillez votre OEdipe, ô chastes Euménides!

Je sais que les Thébains, que mes fils odieux, M’envîront le repos que j’espère en ces lieux : • Daignez donc me couvrir d’un regard tutélaire,

Et contre leurs efforts tournez votre colère.

AHX1COKE.

Que par son Antigone OEdipe consolé D’un fatal souvenir ne soit plus accablé :

Qu’OEdipe, dans mes bras, vive heureux et tranquille!

ŒDIPE

O! ma douce compagne et mon unique asile,

O ! d’un faible vieillard jeune et faible soutien ,

Tes yeux furent mes yeux; mon exil fut le tien.

Les malheurs sur OEdipe ont épuisé leur rage,

Plus grands de jour en jour, mais moins que ton courage. Des parens inhumains, des fils dénaturés, *

Ont poursuivi mes jours aux larmes consacrés.

D’un père criminel fille innocente et pure,

Seule, seule pour moi tu sentis la nature.

J’ai des fils, des parens; je ne suis point proscrit:

Ah! de la main des dieux ton bonheur est écrit.

Et ces dieux, implorés par ma reconnaissance,

Ne m’auront pas en vain promis ta récompense.

àmtigone.

Je l’ai déjà, mon^père; elle est auprès de vous:

Mais je vois des vieillards qui s’avancent vers nous. L’humanité se peint sur leurs fronts vénérables,

Et sans doute, à nos vœux ils seront favorables.

aogle

if>4 OEDIPE A COLONE.

Tout mortel, à cet âge, instruit par le malheur, Des mortels affligés sait plaindre la douleur.

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