‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 127 sur 286 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

Chérir le parricide et protéger l’inceste.

OEDIPE

Ajoute le mensonge à tes lâches fureurs;

En forfaits médités érige mes malheurs.

Mon cœur fut-il coupable aux champs de la Phocide? Pour défendre mes jours je devins parricide.

Deux guerriers inconnus me présentaient la mort ; Jour cruel! piège horrible où m’attendait le sort! •

Je trouvai dans vos murs et le crime et la gloire ;

Je vous sauvai : l’inceste a payé ma victoire.

Mais, oses-tu, barbare, avec tant de noirceur Réveiller mon opprobre et celui de ta sœur?

Le destin fut coupable , OEdipe s’est puni :

Il mourait lentement, et vous l’avez banni.

Par les soins de Thésée, il commence à renaître; Thésée est un héros; tu l’as dû méconnaître.

Jocaste chez les morts descendit la première ;

Mes mains ont de mes yeux arraché la lumière;

Il me rendra ma fille, et son auguste front N’aura pas vainement rougi de mon affront.

THÉSÉE

Etranger, ce discours a de quoi vous confondre.

CRÉON

Dans les remparts de Thèbc on saura lui répondre.

THÉSÉE

Sous les remparts d’Athènc il faut, avant ce temps, Répondre avec le glaive à ses fiers combattant Si vos Thébains ont cru, cachés dans ces retraites,

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