‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 132 sur 286 · ACTE IV, .SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, .SCÈNE I

ŒDIPE

Je ne puis vous offrir que ma reconnaissance.

THÉSÉE

C’est de vous que Thésée attend sa récompense.

Et que peut désormais un vieillard malheureux ?

THÉSÉE

Vous pouvez d’un seul mot exaucer tous mes vœux.

OEDIPB.

Comment?

THÉSÉE

J’ai vu prier aux autels de Neptune Un Thébain , comme vous soumis à l’infortune , • Comme vous élevé dans le suprême rang.

Et qui vous est uni par les liens du sang;

Il adressait au dieu du trident redoutable

Des larmes, des remords, offrandes d’un coupable.

ŒDIPE

Des remords! je le plains.

‘thésée. »

Je viens de le revoir,

Près de ces lieux encor traînant son désespoir.

ŒDIPE

Ce Thébain, quel est-il?

THÉSÉE. i

Votre fils Polynice.

OEDIPE A COLONE

ŒDIPE

Polynice! grands dieux! qu’il parte; qu’il périsse.

THÉSÉE

Pardonnez, mais pour lui je dois vous implorer.

ŒDIPE

Vous! pour lui? Que veut-il? qu’ose-t-il espérer?

THÉSÉE

Qu’à vos pieds un moment vous daignerez l’admettre.

ŒDIPE

Ciel! à mes ennemis voulez-vous me soumettre?

THÉSÉE

Non : de tous leurs efforts je veux vous garantir.

Je vous parle d’un fils armé de repentir.

AMTIGOHE.

Ah! qu’il vienne, qu’il tombe aux genoux de son père.

ŒDIPE

D’un fils! il ne l’est plus.

A STIGON^.

Il est encor mon frère.

ŒDIPE, après un silence.

Eh bien! je l’entendrai; qu’il paraisse à mes yeux.

THÉSÉE

Habitans de Colone, abandonnons ces lieux.

D’un pareil entretien réservons le mystère

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