‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 155 sur 286 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

Et le fer paternel gardé pour la vengeance.

Dans le sang d’Hélénus vos mains l’ont consacré Le piège que pour vous ils avaient préparé ,

A vu s’ensevelir son espoir homicide,

Et cette urne contient les cendres du perfide. C’est le premier garant de la faveur des dieux : Que du cruel Egiste elle abuse les yeux;

Et que d’Agamemnon le glaive inexorable Joigne au coupable fils un père plus coupable. Remplissez vos destins; le jour est arrivé,

Le jour qu’au châtiment les dieux ont réservé.

oheste.

Vous le plus généreux des amis de mon père ,

O fidèle Isménor dont la main tutélaire ,

Des premiers jours d’Oreste écartant le danger, Transporta mes destins sous un ciel étranger; Je m’abandonne à vous; votre active prudence Protégea, conduisit, éclaira mon enfance.

Mais hélas ! en quels lieux m’avez-vous amené ? Ici le roi des rois dans le piège trakié ,

Périt devaut l’autel de ses dieux domestiques ; Voilà ce noir palais, les voilà ces portiques! Par l’ombre paternelle appelé si long-temps,

Je reviens donc laver ces rivages sànglans. . J’ai puni du tyran le barbare émissaire;

Le tyran désormais est mon seul adversaire :

Courons en le frappant justifier les dieux.

ISMÉNOR.

Il est absent : bientôt il reverra ces lieux.

Il célèbre aujourd’hui la fête de son crime.

ELECTRE

ORESTE

Que la fête commence; il sera la victime.

1 SMÉHOR.

Oui , sans doute , et le Ciel vous promet son trépas \ Mais cachez votre nom, vos desseins et vos pas.

Nos amis, dans ce bois, rassemblés en silence. Attendent les instans marqués pour la vengeance.

Le trépas d’Hélénus est partout inconnu;

Le bruit de votre mort au tyran parvenu,

Déjà , grâce à mes soins , flatte un moment sa rage ; Marchez comme la foudre, entouré d’un nuage; Tusqu’aux bords du cercueil que l’ennemi trompé.

Vous reconnaisse au coup dont il sera frappé.

o RESTE.

Des femmes ! des vieillards ! un chant funèbre et tendre ! Aux hymnes que de loin leur voix nous fait entendre , Mycène a de son roi gardé le souvenir ?

ISMÉSOR.

Oui; n’o a ant le venger, on ose au moins gémir.

ORESTE

Une femme s’avance, elle marche entourée D’une foule pieuse et comme elle éplorée ;

C’est elle qui préside à ces tristes concerts ;

Ses regards sont voilés ; ses mains portent des fer* .

Du palais de Tantale une autre, à l’instant même, Descend avec l’éclat qui suit le rang suprême.

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