‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 208 sur 286 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

Seul... et qu’a-t-il besoin d’un éclat emprunté?

Sultan, ton prisonnier...

SAL ADIN

Toi! ce nom m’humilie.

Je puis te rendre libre, ayant sauvé ta vie;

Tu ï es dès ce moment, jeune et brave chrétien;

Mais j’envie aux Français un cœur tel que le tien.

Voilà bien mon Assad! c’est son image entière;

C’est sa voix, son courage, et sa franchise altière;

Tel que je l’ai connu , je le retrouve en toi.

Je puis te dire : Assad, qu’as-tu fait loin de moi?

Quel dieu conservateur te rend à ma tendresse?

Quel souffle a rafraîchi ces fleurs de ta jeunesse?

Du long sommeil d’Assad quels lieux furent témoins? Dans ce rêve enchanteur tout n’est pas rêve au moins. Le temps fuit : j’ai vieilli ; mais les rides de l’âge N’ont point sur mon Assad étendu leur outrage.

Aux jours de mon printemps je l’ai vu se flétrir,

Mon automne embelli le verra refleurir.

Le veux-tu?

Mais ta loi...

S AL A OIN.

Tu vivras dans la tienne,

Libre au bord du Jourdain comme au bord de la Seine. Je ne demande point de raisins au pommier,

De datte au sycomore, et d’olive au palmier.

MONTFORT

Sans cela, serais-tu si bon, si magnanime?

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