‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 249 sur 286 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

SIR ARKOLD.

Quel feu! Je reconnais ton amitié sincère.

Tu ne devines pas ?

SIR GEORGES

Non, ma foi. Qui?

SIR ARNOLD

Ton frère.

SIR GEORGES

Lui! serait-il capable...

SIR ARNOLD

Eh! tu le connais bien.

SIR GEORGES

Quoi! ne pas respecter!...

SIR ARNOLD

Il ne respecte rien.

SIR GEORGES

Ne pas vous épargner!

SIR ARNOLD

Quelle conduite infâme!

Non.

SIR ARNOLD

Tu juges de tout d’après toi ; ta belle ame Ne peut croire le mal. Un ami! son tuteur!

SIR GEORGES

L’homme de bien toujours est dupe de son cœur.

SIR ARNOLD

Ah ! si son cœur du tien avait eu la noblesse ,

Il aurait ménagé le repos, la vieillesse

D’un tuteur qui toujours l’aima comme son fils,

Qui même à ce vaurien prodigua... ses avis.

SIR GEORGES

Je crois peu ce qu’ici votre bouche m’annonce ;

Mais si les faits sont vrais , suffit. Je le renonce. L’homme infidèle aux droits de l’hospitalité Est indigne à jamais de ma société.

SIR ARNOLD

C’est que l’ingrat me cause une douleur profonde.

C’est qu’il mériterait d’être banni du monde.

SIR ARNOLD

Du monde! R est peuplé d’esprits froids et méchans Qui , si l’on savait tout , riraient à mes dépens.

SIR GEORGES

Gardons-nous d’en parler; car on dirait bien vite...

SIR ARNOLD

On dirait que je n’ai que ce que je mérite.

Il faudrait essuyer tous les mauvais propos ;

De cent contes làcheux je serais le héros ;

A mes trousses bientôt j’aurais dix journalistes;

Des amans de ma femme on pulxtïrait des listes ; Chacun voudrait au doigt montrer le vieux garçon , Et l’on mettrait monsieur et madame en chanson.

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