ACTE IV, SCÈNE V
Pour qu’on ne la vît point, ma foi , la pauvre fille A couru se cacher. Elle est assez gentille.
SIR ARNOLD
Voyons.
SIR GEORGES
Non , s’il vous plaît.
SIR ARNOLD
J’aurais un grand désir...
SIR GEORGES
Eh! non, la pauvre enfant! vous la feriez rougir. Moi, je ne rougis point d’avouer ma faiblesse;
Le sage fuit l’excès , même dans la sagesse.
SIR ARNOLD
Bon , fuis toujours l’excès; et, ce livre à la main, Monsieur le philosophe est , ma foi , bien malin. Mais la Française vient d’entendre à la sourdine Tout ce que nous disions de lady Joséphine ;
Sur ma femme peut-être elle ira jaser.
SIR GEORGES
Non.
Je réponds corps pour corps de sa discrétion.
SIR ARNOLD
Georges , compose-toi ; prends un maintien sévère , Et , tout en le sondant , sermone bien ton frère. Moi , dans ce cabinet , je vais vous écouter.
Allons, John, maintenant sir Charles peut monter: Et moi , l’oreille au guet , je reste en sentinelle.
35a LES PORTRAITS DE FAMILLE.
Chacun de son côté : Caclxez-vous bien, la belle.
Je ne regarde pas , je ne dérange rien ;
Votre choix est louable, et vous faites fort bien.
LADY JOSÉPHINE, la tête hors du paravent.
Puis-je sortir enfin sans crainte d’être vue ?
SIR GEORGES
Restez , ne bougez pas , ou vous êtes perdue.
SIR ARNOLD, la tête hors du cabinet.
Sur ma femme avec àrt il faut l’interroger.
-SIR GEORGES
Suffit. Je vous promets de ne rien négliger.
LADY JOSÉPHINE
Fermez la porte à clef.
Paix donc; voici mon frère.
SIR ARNOLD
Parlez haut.
SIR GEORGES
Mais paix donc; je sais ce qu’il faut faire.