‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 275 sur 286 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

Il sait payer... pourvu que l’on se converiissc;

Car tel est son plaisir. Et vous , belle Ninon ,

Vous que chérit toujours la reine Maintenon,

En quêtant à Saint-Roch, au moins par complaisance, Vous pourriez devenir femme de conséquence.

Avoir un grand crédit, et de plus un grand bien. Affichez la réforme, et ne réformez rien ;

Rendez le pain béni : conservez la toilette^

Soyez , restez sensible , et même un peu coquette.

En bonheur ineffable, eu plaisir, en amour,

Égalez, s’il se peut, nos dévotes de cour.

Belle, pleine d’esprit, accorte, bien apprise,

Pourquoi dédaignez-vous les pauvres gens d’église? Voilà des cœurs constans, propres à s’enflammer: Nous savons aimer Dieu; nous saunons vous aimer.

NINON. __

Vous-même avec ce ton vous êtes fort aimable. Ajoutez un seul mot, je vous trouve adorable.

Un seul mot! il est dit. Je vous aime.

NIKON

Fort bien.

C’est votre mot, Brulart ; mais ce n’est pas le mien. Dites un autre mot : j’y serai fort sensible.

Ah! je vous promets tout, excepté l’impossible.

NINON

Oh! rien n’est plus aisé... Dites-moi qu’en ce lieu,

3go NINON.

Dès ce soir, vous rendrez...

BRULA RT, se levant.

C'est l’impossible. Adieu.

SI SOM, le retenant.

Non. Vous étiez en train de me tourner la tête.

Vous ne voulez donc pas garder votre conquête?

Vous qui gardez si bien! Mon futur directeur.

Je ne vous croyais pas un si grand séducteur.

En effet , déposer une charge importune ,

Vous confier mon cœur , mon salut , ma fortune ,

Loin d’un monde pervers trouver le monde en vous; Ce plan rit... et fait rire : il me paraît bien doux.

Mais non; vous nous traitez eu dupes que nous sommes. Les hommes sont légers ; les saints plus que les hommes; Et, si l’on s’avisait de ne vous point haïr,

Tout comme un courtisan vous pourriez me trahir. Vous changeriez.

«RTJLÀRT.

Jamais. Vous me faites injure.

Jamais. A vos genoux souffrez que je Je jure.

J’en atteste mon cœur, le Ciel , et vos appas.

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