‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 43 sur 286 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

TIBERE

CNÉIUS

Moi, seigneur!

TIBÈRE

C’est aux rois que ce titre convient.

Ah! laissez prononcer aux esclaves d’Asie Les noms avilissans qu’obtient la tyrannie.

Je ne commande point; j’obéis à la loi;

Et je suis à l’état; l’état n’est point à moi.

C’est le sang des Pisons qui coule dans vos veines.

On connaît leur fierté : plein des vertus romaines.

De ces grands souvenirs votre cœur enchanté ,

Sait palpiter encore au nom de liberté.

Ne vous défendez pas de mériter l’estime :

Vous servirez , Cnéius, un pouvoir légitime Mieux que des courtisans par intérêt soumis,

Amis de la grandeur, mais des lois ennemis,

Et qui , toujours du prince étudiant les vices ,

Lui vendent des forfaits qu’ils nomment leurs services.

CU ÉIUS.

Tétais loin de prévoir, en mon obscurité ,

Un accueil si flatteur et si peu mérité.

D’un courtisan novice excusez l’ignorance.

Permettez-moi , César, d’écouter l’espérance,

Et laissez-moi penser que je dois cet honneur Aux exploits de mon père, et même à son malheur.

TIBÈRE

Ses exploits laisseront un souvenir durable;

Je crois que son malheur n’est point irréparable.

Cet amour filial qui vous attache à lui, ’

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