‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 80 sur 286 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

Pourrais-je préférer à ce noble avantage,

L’éclat trop acheté d’un royal esclavage ,

Fouler aux pieds les droits d’une longue amitié.

Et m’armer sans pudeur contre mon allié?

Si d’un projet si noir je me trouve complice ,

Vous m’entendrez moi-même ordonner mon supplice.

Du décret d’Apollon daignez vous informer ;

Tous ceux qui m’ont suivi pourront le confirmer.

Près de Tirésias éclairez ma conduite ;

D’un sévère examen je ne crains pas la suite;

Mais ne renoncez pas aux utiles secours

D’un ami, doux trésor, peu connu dans les cours;

Et songez que du temps la suprême puissance Sait dévoiler le crime et prouver l’innocence.

ŒDIPE

Le temps aussi, Créon , peut mûrir vos complots:

Mais, ne présumez pas qu’en un lâche repos l'attende qu’un perfide ait assuré ma perte;

Attaqué sourdement, j’attaque à force ouverte : ‘ I

Par l’équité sévère un trône est a fier mi.

CRÉOH.

Eh bien ! qu’ordonne OEdipe à Créon , son ami ?

, ŒDIPE

De sa cour et de Thèbe OEdipe vous exile.

cnêon.

Je resterai dans Thèbe où j’ai le droit d’asile.

ŒDIPE

Vous désobéissez aux volontés d’un roi? '

io8 / OEDIPE-ROI.

CRÉON

Oui :son pouvoir n'est rien, séparé de la loi.

OEDIPE

Vos crimes.

CRÉON

Prouvez-les.

OEDir.E.

Vous parlez en rebelle.

CRÉON

Vous en tyran.

ŒDIPE

Thébains !

CRÉON

C’est moi qui les appelle :

Nos libertés , nos jours ne sont pas votre bien ;

Vous êtes roi de Thèbes , et j’en suis citoyen.

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