ACTE III, SCÈNE II
Pourrais-je préférer à ce noble avantage,
L’éclat trop acheté d’un royal esclavage ,
Fouler aux pieds les droits d’une longue amitié.
Et m’armer sans pudeur contre mon allié?
Si d’un projet si noir je me trouve complice ,
Vous m’entendrez moi-même ordonner mon supplice.
Du décret d’Apollon daignez vous informer ;
Tous ceux qui m’ont suivi pourront le confirmer.
Près de Tirésias éclairez ma conduite ;
D’un sévère examen je ne crains pas la suite;
Mais ne renoncez pas aux utiles secours
D’un ami, doux trésor, peu connu dans les cours;
Et songez que du temps la suprême puissance Sait dévoiler le crime et prouver l’innocence.
ŒDIPE
Le temps aussi, Créon , peut mûrir vos complots:
Mais, ne présumez pas qu’en un lâche repos l'attende qu’un perfide ait assuré ma perte;
Attaqué sourdement, j’attaque à force ouverte : ‘ I
Par l’équité sévère un trône est a fier mi.
CRÉOH.
Eh bien ! qu’ordonne OEdipe à Créon , son ami ?
, ŒDIPE
De sa cour et de Thèbe OEdipe vous exile.
cnêon.
Je resterai dans Thèbe où j’ai le droit d’asile.
ŒDIPE
Vous désobéissez aux volontés d’un roi? '
io8 / OEDIPE-ROI.
CRÉON
Oui :son pouvoir n'est rien, séparé de la loi.
OEDIPE
Vos crimes.
CRÉON
Prouvez-les.
OEDir.E.
Vous parlez en rebelle.
CRÉON
Vous en tyran.
ŒDIPE
Thébains !
CRÉON
C’est moi qui les appelle :
Nos libertés , nos jours ne sont pas votre bien ;
Vous êtes roi de Thèbes , et j’en suis citoyen.