ACTE III, SCÈNE IV. n
Et, malgré la vieillesse, on voyait dans ses yeux Etinceler encor le sang des demi-dieux :
Sur son front héroïque, en sa démarche altière,
La majesté d’un roi se peignait tout entière :
Le dirai-je... ? souvent j’ai cru revoir en vous Les yeux, le port, les traits de mon premier époux.
ŒDIPE
Ai-je , sans le savoir, prononcé ma sentence ?
JOCASTE
Pour vous , d’un tel rapport quelle est donc l’importance ?
ŒDIPE
Le prophète aurait-il deviné mon destin ?
Encore un mot : fixez mon esprit incertain.
Expliquez-vous.
IOCASTE.
OEDIPE
Laïus, en quittant ses provinces.
Avait-il cet éclat qui distingue les princes?
Des soldats devant lui répandaient-ils l’effroi?
JOCASTE
Cinq guerriers seulement suivaient le char du roi.
ŒDIPE
C’était lui !
JOCASTE
Quel mystère ! et qu’allez-vous m’apprendre ?
ŒDIPE
Un témoin vous a dit ce que je viens d’entendre?