‹ Théâtre pour les écolesChapitre 11 sur 85 · LE PRÉ · texte numérisé non relu

LE PRÉ

LE PRÉ, s'arrétant.

Que me veux-tu, mari de chatteP Pourquoi, posant sur moi ta patte, M'as-lu mené jusqu'ici?

CNE

PIEDELESTE, suppliant, et un peu vite.

Pré,

Joli Pré vert, tout diapré

De boutons d’or, de pâquerettes

Et d’autres mignonnes fleurettes,

Donne, Ô Pré, donne abondamment

L’herbe à celte grosse maman,

(I désigne la Vache.)

Pour qu’elle fournisse elle-même

À son patron beaucoup de crème,

Et qu'il donne, à son tour, deux sous

Au Serrurier venu chez nous

Afin de m'ouvrir cette armoire!

Je n’y veux rien manger ni boire;

Je veux y prendre un peu de lard

Pour graisser, s’il n’est trop tard,

Le gosier de Moustachinette.

Comme nous faisions la dinette..

LE SERRURIER, interrompant, un peu agacé.

Elle s’est étranglée avec Une amande.

PIEDLESTE, d'un ton brusque (x).

Ferme ton bec!

C'est moi qui raconte l’histoire.

LE PRÉ Mon petit chat, tu peux m'en croire, T'obliger me rendrait heureux; à Mais ce temps sec et poussiéreux Est bien mauvais pour les prairies.

Il faut, Piedleste, que tu pries Le Ciel de faire son devoir, C'est-à-dire de bien pleuvoir.

PIEDLESTE, vivement, avec enthousiasme.

Merci, Pré charmant! Je m'élance Vers les résions du silence;

(1) Aucune émotion pour le moment.

Je vais là-haut, et, d'ici peu, Je vous amène le Ciel bleu!

(Musique (1). Piedleste sort à gauche en courant. Le Serrurier et le Marchand, la Vache et le Pré, hochant la tête, se regardent deux à deux comme pour dire : Diable ! Voilà une course qui n’est pas ordinaire |).

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