LE PRÉ
LE PRÉ, s'arrétant.
Que me veux-tu, mari de chatteP Pourquoi, posant sur moi ta patte, M'as-lu mené jusqu'ici?
CNE
PIEDELESTE, suppliant, et un peu vite.
Pré,
Joli Pré vert, tout diapré
De boutons d’or, de pâquerettes
Et d’autres mignonnes fleurettes,
Donne, Ô Pré, donne abondamment
L’herbe à celte grosse maman,
(I désigne la Vache.)
Pour qu’elle fournisse elle-même
À son patron beaucoup de crème,
Et qu'il donne, à son tour, deux sous
Au Serrurier venu chez nous
Afin de m'ouvrir cette armoire!
Je n’y veux rien manger ni boire;
Je veux y prendre un peu de lard
Pour graisser, s’il n’est trop tard,
Le gosier de Moustachinette.
Comme nous faisions la dinette..
LE SERRURIER, interrompant, un peu agacé.
Elle s’est étranglée avec Une amande.
PIEDLESTE, d'un ton brusque (x).
Ferme ton bec!
C'est moi qui raconte l’histoire.
LE PRÉ Mon petit chat, tu peux m'en croire, T'obliger me rendrait heureux; à Mais ce temps sec et poussiéreux Est bien mauvais pour les prairies.
Il faut, Piedleste, que tu pries Le Ciel de faire son devoir, C'est-à-dire de bien pleuvoir.
PIEDLESTE, vivement, avec enthousiasme.
Merci, Pré charmant! Je m'élance Vers les résions du silence;
(1) Aucune émotion pour le moment.
Je vais là-haut, et, d'ici peu, Je vous amène le Ciel bleu!
(Musique (1). Piedleste sort à gauche en courant. Le Serrurier et le Marchand, la Vache et le Pré, hochant la tête, se regardent deux à deux comme pour dire : Diable ! Voilà une course qui n’est pas ordinaire |).