PARENT
AVERTISSEMENT
Trois des quatre personnages de cette piécette sont empruntés à deux fables bien connues : La Mouche et la Fourmi, que La Fontaine a imitée de Phèdre; La Cigale et la Fourmi, dont il a pris à Ésope le sujet et le trait final. La première de ces fables, à laquelle aucun censeur ne saurait trouver à redire, montre la supériorité d’une existence laborieuse et d’une juste prudence sur une vie de fainéantise, de parasitisme, de désordre imprévoyant. L’autre, plus discutable, en voulant donner une leçon de sage économie, risque fort de n’enseigner qu’un sec égoïsme, accompagné de railleries à l'adresse des pauvres diables qui n’ont pas su thésauriser. Mettre de l’argent à la Caisse d'épargne est bien; avoir du cœur est mieux. d
L’inconvénient non douteux qu'offre l’histéire de la Cigale et de la Fourmi, par laquelle un-si grand nombre de
nos enfants sont initiés aux enseignements de la Fable, a suscilé divers petits ouvrages où les mêmes personnages figurent, et destinés à corriger l'impression fàcheuse que pourrait laisser le récit ésopique. Je dois l'avouer, ces ouvrages ne me sont connus que par un titre ou une allusion. Celui que je présente au lecteur est né de la même pensée; je suppose qu’il se différenciera de ses prédécesseurs par la fusion des deux fables en une, par l'addition d’un quatrième rôle : celui de La Fable elle-même, à ceux des trois bestioles, et par le tour particulier que.chacun donne à ce qu'il fait.
Cette petite pièce a donc une intention morale bien précise, tandis que d’autres du même recueil sont surtout des badinages, pouvant donner lieu à quelques réflexions. Je laisse au Iccteur le soin de décider si j'ai atteint mon but, qui a été, non point d’administrer une leçon en règle, mais de faire naître une rapide émotion, susceptible d'être bienfaisante, tout en mêlant à l’histoire un grain de poésie et, pour finir, de gaîté. |