‹ Théâtre pour les écolesChapitre 67 sur 85 · PAUL, MADELEINE, JEANNE, MICHEL · texte numérisé non relu

PAUL, MADELEINE, JEANNE, MICHEL

MADELEINE, avec surprise.

Tiens! voilà Michel!

JEANNE Pas possiblel

(Tandis qu’elles le regardent toutes deux, étonnées, lui, restant à droite à quelque distance, fait un lent et profond salut à chacune d'elles. Surprises de cette cérémonie, elles ne répondent pas au salut. Michel ne remarque pas Paul, qui, du reste, se trouve un . peu masqué par Jeanne. Madeleine est un peu en arrière de la ligne formée par Paul, Jeanne et Michel. Michel se redresse après ses deux saluts et parle sur un ton dramatique.)

MICHEL

Je viens d’un pic inaccessible, Où j'ai couru d’affreux périls.

MADELEINE, sur un ton très naturel.

Et tes parents, comment vont-ils

MICHEL Ne m'interromps pas, je te prie.

Nous étions donc en Algérie Pour y passer tout le congé.

Moi, n'ayant jamais voyagé,

Je voulus voir de grandes choses.

Je traversai des sables roses Et j'alteignis le port.

JEANNE, étonnée.

Quel port?

MICHEL

Son nom importe peu. D'abord, On doit franchir un lac immense; Puis l’âpre montagne commence, Presque aussi roide qu'une tour.

Heureusement, un vieux vautour Me porta sur ses vastes ailes.

La

MADELEINE et JEANNE, très incrédules.

Jusqu'en haut?

MICHEL, avec force.

Oui, mesdemoiselles!

(Pendant le dernier discours de Michel, Jeanne a eu soin de s’effacer un peu pour que Paul puisse être bien visible à Michel quand celui-ci regardera dans la direction de Paul.)

PAUL, EE ee au public.

À beau mentir qui‘vient de loin.

(Étonnement de Michel, qui regarde Paul en silence, un moment, puis interroge les deux fillettes.)

MICHEL Quel est ce monsieur P

MADELEINE Un témoin Qui nous écoute et qui nous juge.

JEANNE, se donnant toutes les apparences du sérieux.

Il naquit avant le Déluge.

Sa barbe et ses cheveux sont blancs Depuis environ six mille ans.

MICHEL, au public, naïvement.

Celle-là, par exemple, est fortel

(A Jeanne :} Eh! peut-on mentir de la sortel

PAUL

À menteur, menteur el demi.

MADELEINE, à Michel.

Te voilà mouché, notré ami!

(Un moment de silence, tandis que Madeleine et Jeanne regardent Michel comme en se moquant de lui, et qu'il semble un peu embarrassé.)

MICHEL

Oui... Je voulais,par mes prouésses, Etonner vos tendres jeunesses;

Mais j'en sais beaucoup moins que vous, Je le reconnais à genoux.

(Tourné vers Jeanne et Madeleine, il pose le genou droit en terre et, la tête basse, les bras ouverts, il paraît attendre la sentence qui sera prononcée.)

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