‹ Théâtre pour les jeunes fillesChapitre 101 sur 203 · N" r> de la partition · texte numérisé non relu

N" r> de la partition

aucune intention devons faire du mal; au contraire, nous aurions grand plaisir à vous être agréables.

LE PETIT CHAPERON ROCGE

Oh ! je n'ai pas peur de vous, monsieur ; pas peur du tout.

FLORIZEL

Et pourquoi ?

LE PETIT CHAPERON ROUGE, hésitant.

Parce que... parce que... parce que vous avez un joli chapeau.

RONDACIiE.

Ah ! la petite coquette !

FLORIZEL, étant son chapeau.

Je vous l'offrirais volontiers ; mais il vous siérait beaucoup moins bien que votre petit chaperon rouge. Pourtant, s'il vous plaît de cueillir quelques-unes de ces fleurs...

LE PETIT CHAPERON ROUGE, admirant le chapeau.

Des violettes, des pervenches, des... celles-là, comment les appclle-t-on?

FLORIZEL

Ce sont les fleurs du printemps, les douces primevères.

LE PETIT CHAPERON ROUGE

Ah! oui, les primevères ! Il y a un petit oiseau qui se met à chanter lorsqu'il les a vues.

FLORIZEL

Les voulez- vous?

LE PETIT CHAPERON ROUGE

J"en voudrais bien une rose... et une blanche... et aussi une jaune.

FLORIZEL

Tenez, ma mignonne, puisc{ue vous aimez les fleurs.

(II lui donne toutes les primevères.) LE PETIT CHAPERON ROUGE.

On ne vous grondera pas pour me les avoir données?

FLORIZEL

Oh! non. pas du tout; et, si je veux, il en poussera d'autres à la place, encore plus belles.

160 THKÀTUE l'OUll LES JEUNES FILLES

LE l'ETlT CHAPERON ROUGE, avec gaité.

^'l•uilaent? vous avez de la chance. Tenez, je vais vous faire aussi un cadeau. C'est des noisettes. Si je les avais cueillies en route, elles auraient leur petit plumet vert ; ce serait plus gentil et elles seraient plus tendres. Mais il n'y en a pas encore ; les miennes sont de l'ét' dernier.

(Elle tire quelques noisettes de sou petit panier et les doune à Florizcl.) FLOniZEL.

Je les accepte avec plaisir : vous êtes une aimable petite fée. Tu vois, Rondache, que nous ne mourrons pas de faim.

(Il lui donne les noisettes.) RONDACHE, les regardant.

Ilum ! un pàtc de i^écasse ferait mieux mon affaire.

(Il les me,t dans sa poclic.) FLORIZEL.

Maintenant, ma petite amie, si je ne suis pas trop indiscret, voulez-vous me dire où vous allez comme cela, toifte seule, à travers les bois?

LE PETIT CHAPERON ROUGE, chantant'.

Je m'en vais bien loin seulelte Sous l'ombrage murmurant.

Et je porte une palctle A ma Ixinne mère-grand...

Une galette et un petit pot de beurre. J'ai tout dans mon panier.

FLORIZEL

Et vous ne craignez pas les méchants loups qui, après avoir fait causer les petites filles, les mangent quelquefois?

LE PETIT CHAPERON ROUGE, d'un air fCnù.

Oh ! je ne cause pas avec les loups. On m'a raconté l'histoire d'une autre petite fille, qui avait un chaperon rouge comme moi, et qui a été mangée par le loup. Sa grand'mère aussi. Mais à présent, vous savez, nous connaissons les histoires, et on ne nous y prend plus.

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