SCENE I MATHILDE, BERTHE
BERTIIE, au public.
Elle lait une réussite.
Pauvre Mathilde! Ça l'excite Au point quelle n'a pas grogné Depuis une heure. C'est toujours ça de gagné.
MATHILDE, absorbée dans sa réussite.
Roi de cœur, montre ton visage ; Ce sera le meilleur présage.
BERTHE, agacée.
Que ce soit cœur, trèfle ou carreau, Ton pied n'en sera i)as moins gros.
Crois-tu donc épouser le prince?
MATHILDE, aigrement.
Ton pied, à toi, peut être mince.
Mais il n'en finit i)lus, de la pointe au talon ; Et ce no sont pas tes frisettes.
Ni tes grâces ni les risetles, Qui te feront le pied moins long.
liERTHE, vexée.
Bien, ma grosse. Va donc brouter ton champ de trèlle.
MATlllLDE
Es-tu déjà princesse, par hasard ?
BKRTIIE.
Je le serai, si je veux, tôt ou lard.
MATIlILDE, avec piUc.
Toi, ma pauvre sœur?
liEiniiK.
Moi qui te parle.
MATIULDE, boclicmerit.
Des nèfles !
BEllTIlE, à demi-voix.
L'âge vous aigrit joliment.
MATIULDE, avec colère, en se le\ant.
Qu'est-ce que tu dis de mon âge ?
BERTHE
Rien. Et ta réussite ?
MATIULDE.
Avec ton bavardage, On ne peut rien faire.
BEUTllE.
Vraiment ?
Alors ton mariage est tombé dans l'eau.
MATHILDE, menaçante.
Berlhe !
BERTllE, railleuse.
Mathilde?
MATIULDE, sèchement.
Ça suffit.
BERTHE
Rentre ton aiguillon :
Je suis tout miel.
CKNDIUI.LON 245
MATIIILDE.
OÙ donc est Condrilloii?
lîERTIIE.
Je viens de l'envoyer, vite, à la découverte : Messirc Protocol doit approcher d'ici.
MATIIILDE, grincheuse.
Cendrillon en course? Merci !
Pour qu'elle passe une heure entière
A bavarder chez la fruitière !
BERTIIF, avec suffisance.
Elle ne bavardera pas.
Je me fais obéir très bien de cette fille, Sans la brusquer. Du reste, elle est de la famille.
MATHILDE, hautaine.
Qui, Cendrillon?
liERTIIE.
J'entends son pas.
(Ccndrilloa entre par le fond.)