PIECE
ULYSSE, roi d'Ithaque.
NAUSICAA. fille d'Alcinoiis, roi de Schérie
THÉANO
ANTIOPE, 1
DIONÉ,
^ Compag-nes de Nausicaa.
CLIMÈNE,
INO, k
MESSÉIS, I
POLYDAM.NA. /
La scène est dans l'île de Schérie, terre des Phéaciens, aux teiyips héroïques de la Grèce.
Les indications de droite et de gauche sont données par rapport aux spectateurs.
AVERTISSEMENT
Bien des i)crsonncs penscninl que Nausicaa, diUÏTaiil en eel;i des autres pièces contenues dans ce volume, ne saurait intéresser que dans les milieux de culture classique. Je ne ])artaf;e pas cette opinion, à moins que lire des fragments de Viliade et de VOdyssée, regarder quelques moulages ou reproductions de l'art grec, ne suffise à donner cette culture. De toute la liltérature antique, il n'y a peut-être rien d'aussi accessible qu'Homère, surtout en ce qui concerne ['Odyssée. Par le fait, les jeunes filles, dans nos lycées et collèges, n'apprennent pas de grec ni de latin, ce qui ne les emi)êche nullement de goûter les récits homériques et les tragédies grecques. Des expériences nombreuses prouvent ([u'à cet égard les élèves des écoles normales ne leur sont nullement inférieures'.
Il n'en est pas (uoins vrai (jue tous les milieux ne se prêtent pns également à fournir des artistes capables d'interpréter une scène antique, un public porté à y prendre plaisir. Il y a aussi des conditions luéférables à d'autres pour en faire l'expérience. Quand les anciennes élèves d'une école s'y réunissent, les esprits sont fort agiles; le ]ilaisir de se revoir, le besoin de causer, rendent parfois difficile d'obtenir toute l'attention désirable, si elle est trop brusquement exigée. Cela est vrai surtout quand la pleine intelligence d'un sujet, d'ailleurs assez grave, exige des habitudes d'esprit, un eiilraînenicnt, ([ue l'on n'a i)as ou que l'on n'a plus.
Je demande la permission de citer les lignes suivantes, que j'écrivais à ce propos :
« Le vrai public d'une représentation de ce genre (donnée
1. J'en dirais autant des écoles primaires supérieures de jeunes filles, surtout en pensant à celles des grandes villes. On peut avoir aussi, çà et là, de charmantes surprises. Un patronage laïque de jeunes filles, à Rive-de-Gier, a donné une très intéressante représentation de Nansicaa. Je n'y ai pas assisté, mais les comptes-rendus do la presse locale ne laissent aucun doute sur refifet produit, et de belles piiotographies m'ont donné la meilleure impression des physionomies, des attitudes, des costumes et du décor.
dans une écolo nnrni.ilp, parpxpm|)lc) comprendrait — au moins commet un de ses éléments, et, bien entendu, sans exclure les associées fidèles à l'école — les grandes élèves du lycée ou collège de jeunes filles et de l'école primaire supérieure de la même ville. Inversement, les normaliennes devraient être admises, en iiareil cas, au lycée ou à l'école supérieure. Mais voilà : pour réunir toute cette jeunesse, il faudrait d'abord vaincre les odieu.x préjugés ;jnlidémocrali(jues toujours vivaces dans notre France républicaine; et ensuite mettre de côté toutes les mesquines rivalités, toutes les sottes vanités locales. C'est beaucoup demander'. >•
Quoi qu'il en soit, il ne sera pas inutile de familiariser les esprits avec le milieu bomérique, avant la pièce, afin qu'elle soit mieux comprise et suivie sans elfort. Une brève conférence pourrait atteindre ce résultat. Mais il vaudrait mieux, à mon avis, choisir dans VOdysscc (juebiues aventures d'Clvsse, antérieures à son arrivée cbez les Pbéaciens, et les lire en y mêlant un peu de causerie.
Le deuxième volume de contes, publié dans le Répertoire des lectures populaires sous ce titre : Contes français, contes homériques -, contient les fragments qui me semblent le mieux appropriés h la circonstance. On laissera de côté, naturellement, ce qui concerne Nausicaa, et, dans le reste, ce qui pourrait faire longueur. Si l'on intercale dans la lecture l'air du (^yclope, celui de Circé, le chœur des Sirènes et le chœur des compagnons d'Ulysse 3, cola n'en vaudra que mieux.
Telle est, d'ailleurs, la préface qui fut faite à deux représentations (le iXausicaa que j'eus le plaisir de diriger : l'une à Aixen-Provence, l'autre à Limoges, dans les écoles normales d'institutrices de ces deux villes. Si celle introduction n'y était pas nécessaire, elle fut cependant bien accueillie et mit l'auditoire dans les dispositions les plus favorables.
C'est à Aix-en-Provence que j'avais particulièrement désiré de voir Nausicaa pour la première fois. J'en donnais ainsi la raison dans une préface écrite avant la représentation (1904) :
" Par la limpidité de son beau ciel, sa riche lumière, la li"-ne de ses côtes, si nettement sculptées, sa mer bleue et le parfum de ses herbes vives, joie des abeilles, la Provence a préparé ses filles à se mouvoir naturellement dans l'atmosphère de la poésie grecque, et il est surprenant, pour qui n'en a pas eu encore la révélation, à quel point elles s'y sentent à l'aise et comme chez elles. Ce n'est pas seulement leur terre et leur soleil, leurs oli-
1. Ajoutons que les salles do récréation sont parfois bien étroites. Si on ne peut faire place aux élèves, même en nombre restreint, de divers^ établissements, on peut toujours inviter les professeurs.