TITUS, ANTIOCHUS, PAULIN, ARSACE, RUTILE
RUTILE Seigneur, tous les tribnns, les consuls (2), le sénat
(I) De ia fumée de l'encens et des feux des sacriRces.
(a) Les tribuns du peuple et les consuls. Les empereurs avaient conservé ces magistratures, mais elles n'étalent plus que des titres honorifiques qu'ils gardaient souvent pour eux-mêmes. Historiquement les consuls étaient, cette année-U, Vespasiea qui rcoaii de mourir et son fils Titus.
RACINE
Viennent vous demander au nom de tout l'Etat. Un grand peuple les suit, qui, plein d'impatience, Dans votre appartement attend votre présence.
TITUS
Je vous entends, grands Dieux. Vous voulez rassurer Ce cœur que vous voyez tout prêt à s'égarer.
PAULIN
Venez, Seigneur, passons dans la chambre prochaine : Allons voir le sénat.
ANTIOCHUS
Ah ! courez chez la Reine.
PAULIN
Quoi? vous pourriez, Seigneur, par cette indignité De l'Empire à vos pieds fouler la majesté? Rome...
Il suffit, Paulin, nous allons les entendre. Prince, de ce devoir je ne puis me défendre. Voyez la Reine. Allez, J'espère à mon retour Qu'elle ne pourra plus douter mon amour (1).
(I) Racine a supprimé une scène qui se trouvait dans la première édition et terminait l'acte IV.
ANT. Arsace, que dis-tu de toute ma conduite ? Rien ne pouvoit tantôt s'opposer à ma fuite. Bérénice et Titus offensoient mes regards : Je partois pour jamais. Voilà comme je pars : Je rentre, et dans les pleurs je retrouve la Reine. J'oublie en même temps ma vengeance et sa haine; Je m'attendris aux pleurs qu'un rival fait couler ; Moi-même à son secours je le viens appeler; Et si sa diligence eût secondé mon zèle, J'allois, victorieux, le conduire auprès d'elle. Malheureux que je suisi avec quelle chaleur J'ai travaillé sans cesse à mon propre malheur I Cen est trop. De Titus porte-lui les promesses, Arsace. Je rougis de toutes mes foiblesscs. Désespéré, confus, à moi-même odieux, laisse-moi : je me veux cacher même à tes yeux. (1G71)
FIN DU QUATRIÈME ACTE
BÉRÉNICE
ACTEV SCÈNE PREMIÈRE
ARSACE, seul OÙ pourrai-] c trouver ce prince trop fidèle? Ciel, conduisez mes pas, et secondez mon zèle, Faites qu'en ce moment je lui puisse annoncer Ua booiieur où (1) peut-être il n'ose pins penser.