SCÈNE X
Les Mêmes, LE DUC DE RICHELIEU.
LE DUC, sur la porte, r3garclant les deux femmes. Ensemble !
LA MARQUISE
Lr duc *
(Elle ouvre un livre.) LE DUC.
Désolé de vous avoir fait attendre, mademoiselle.
Ne vous excusez pas, monsieur le duc, cette pétition esta peine finie, et, si vous voulez bien vous en charger...
LE DUC
Certainement.
La voici.
LE DUC, l'ouvrant.
La même écriture, le billet était d'elle. (Haut.) Vous voudrez bien, mademoiselle, m'accorder la faveur d'aller vous donner aujourd'hui même des nouvelles des tentatives que j'aurai faites.
Demandez à madame la marquise, monsieur le duc, c'est d'elle que dépend la permission.
MADEMOISELLE DE P.ELLE-ÎSLË oT
LE DUC
Comment cela?
Madame la marquise a la bonté de me loger au château pendant tout le temps que je resterai à Chantilly.
LE DUC
Ah! ah!
Elle se prive de son appartement pour moi.
LE DUC
Vraiment? Alors cette amie que vous attendiez, marquise...?
LA MARQUISE
C'était mademoiselle, monsieur le duc : vous comprenez, il n'était ni convenable ni même prudent que mademoisolle de Belle-Isle, seule et isolée comme elle l'est, demeurât dans un hôtel.
LE DUC
Non, sans doute; et vous avez raison, marquise, et c'est très-bien fait à vous; mais cela ne changera rien, j'espère, à nos arrangements, et vous ne me refuserez pas, marquise, la permission de rendre compte à mademoiselle de mes démarches.
Comment donc! elle est chez elle, et peut vous recevoir à sa volonté.
LE DUC
Alors, mademoiselle, c'est de vous que j'implore cette grâce.
Venez quand vous voudrez, monsieur le duc; vous serez toujours attendu comme un ami et reçu comme un sauveur.
LE DUC
Peut-être ne verrai-je M. de JBourbon qu'un peu tard.
J'ai, depuis trois ans, veillé si souvent dans la crainte et dans les larmes, qu'il me sera doux de veiller aujourd'hui dans l'espérance et dans la joie.
LE DUC
Ainsi donc, à ce soir, mademoiselle?
A ce soir, monsieur le duc. •
vil. b
LE DUC
Les choses que j'aurai à vous répéter sont peut-être de celles que l'on ne peut dire devant témoins.
Je tâcherai que nous soyons seuls, monsieur le duc.
Vous êtes charmante.
(Mademoiselle de Belle-Isle rentre chez elle.)