‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 2)Chapitre 83 sur 134 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LE COMMANDEUR, LE CïïEVALTER, LE COMTE, LA COMTESSE, UN Officier, Gardes, au fond.

LE COMTE, allant au-devant de l'Officier ^ Qui demandez-vous, messieurs?

l'officier.

M. le chevalier de Valclos.

le comte.

Hein ?

LE chevalier.

C'est moi, monsieur.

l'officier.

^ Au nom du roi et de mcsscigneurs les maréchaux de

^ France, monsieur le chevalier de Valclos, je vous arrête.

LE COMTE

Comment ?

LE chevalier.

Moi? c'est moi que vous arrêtez?

l'officier.

Ne deviez-vous pas vous battre?

le commandeur, bas, au Chevalier.

Pour laisser la place à Caudale, nous vous avions dénoncé.

l'officier, au Chevalier.

N'avcz-vous pas blessé M. de Saillant?

LE CHEVALIER, embarrassé.

Monsieur...

l'officier.

M. de Saillant n'est pas encore en état d'être interrogé; mais nierez-vous?

le chevalier.

Je ne nie rien, monsieur ; c'est moi qui ai blessé M. de Saillant.

LE commandeur.

Hein?

le comte.

Par exemple!

LE CHEVALIER, bas, au Comte, Tais-toi! (A l'Officier.) Dans un moment, monsieur, je suis à vous.

LE COMTE

Que signifie?

LE CHEVALIER

Cela signifie que, tandis que l'on m'emmène à la Bastille, \ tu gagnes rapidement la Lorraine ou le Comlat. Demain, dans \ quelques heures, il sera prouvé que je ne me suis pas battu; donc, aucun risque pour moi. Dans six semaines, M. de Saillant guérit; dans deux mois, tu reparais à la cour comme si rien ne s'était passé. Il n'y a que moi, dans tout cela, dont on se moque un peu... moi heureux en duel comme en conquête; mais il était écrit qu'une fois au moins je prendrais ta ! place. Un peu de générosité, comte, et laisse-moi ma re- , vanche.

LE COMMANDEUR

Ah ! monsieur de Valclos, je retrouve votre père !

LE COMTE

Mais, pour moi, compromettre ta liberté...

LE CHEVALIER

Ma liberté! et qu'est-ce que tu veux que j'en fasse, tandis que, toi, tu as un si bon emploi de la tienne? Comtesse, vous ) m'avez offert votre amitié; j'aime mieux cela que de tout per- " dre. Mes amis, au revoir ! (a l'Officier, resté au fond avec les Gardes.) Messieurs, à vos ordres !

(Il sort, suivi de l'Onîeier et des Gardes.)

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