‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 2)Chapitre 98 sur 134 · UN DES MOINES · texte numérisé non relu

UN DES MOINES

Parle.

MICHELE

Déposez un instant ici le corps de cette jeune fille, ô mes frères! il renferme le seul cœur qui m'ait jamais aimé dans ce monde, et je voudrais, maintenant (pril a cessé de bal Ire, le remercier une dernière fois de sou amour... (Los Pénitents déposent à terre le catafalque et s'écartent pour permettre à Michèle de s'en approcher. Michèle, à genoux et incliné vers la mortr ) i\'est-ce pas, pauvre enfant, que ton agonie, a été moins douloureuse que ton existence? n'est-ce pas que la mort, si redoutée des heureux, n'est, pour les luforlunes, qu'une pâle et fr«ide amie qui nous berce dans ses bras comme une bonne mère, et qui nous console doucement, dans ce lit éternel qu'on appelle le tombeau ?

n'est-ce pas qu'au lieu de pleurer, je fais lûen, pauvre enfant, de remercier le Seigneur, qui te rappelle à lui? Adieu, Nella ! adieu pour la dernière fois!... Je t'aimais, belle fille de la terre; je t'adore, bel ange du ciel! Adieu, Nella! J'étais rentré à Florence pour te venger, vwante ou n)orte : dors tranquille; je ne te ferai pas attendre, (il pose ses lèvres sur le front de la jeune fille, ctouffo un sanglot, puis se relève.) E tmainteuant, merci, mes frères! Vous pouvez rendre ce beau lis à la terre, d'où il est sorti. Tout est fini. Je remets le corps et l'àme dans les mains du Seigneur!

(Il croise les bras sur sa poitrine, baisse la tête et va achever sa prière muette devant la Madone. Le cortège mortuaire s'éloigne.)

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