SCÈNE II MONTE-CRISTO, VILLEFORT
Je vous demande pardon, monsieur le comte, de vous déranger; mai^ vous comprenez qu'après l'événement dont vous avez failli être la victime, j'aurai plus d'une fois besoin de recourir à vous pour des renseignements.
MONTE-CRISTO
Monsieur, je suis à vos ordres.
Je ne vous dérange pas ?
Non, monsieur; vous le voyez, je voyageais.
Sur la carte... Monsieur, je voulais vous demander si vous ne pouviez ajouter, sur l'assassin de votre assassin, quelques renseignements qui nous aident à le reconnaître.
MONTE-CRISTO
Est-ce que la police ne le tient pas encore?
Elle croit être sur ses traces, monsieur.
MONTE-CRISTO
Diable, monsieur ! ses traces peuvent la mener loin, si l'assassin a toujours couru depuis le moment de l'assassinat, je croyais cependant que, grâce aux deux billets qu'avait écrits le mourant, c'était ebose facile que de mettre la main sur ce jeune Corse.
Deux billets, monsieur! je n'ai connaissance que d'un seul: en avait-il écrit deux.'
MONTE-CRISTO
Comment! je ne vous ai pas remis deux billets?
Non, je vous jure.
MONTE-CRISTO
Excti-ez-moi, monsieur; j'étais troublé sans doute; com-
ment donc ai-jc fait cela? Mais je suis certain, en vérité, qu'il y avait un second billet, un billet qui contenait l'adresse et même le nom du jeune homme ; car c'est un jeune homme.
Oh! monsieur, ce billet est de la plus haute importance; il faut, vous le comprenez bien, que ce billet se retrouve.
MONTE-CRISTO
Comment donc! Aussi se retrouvera-t-il, j'en suis bien sûr. Je le ferai chercher, monsieur... Mais, pardon, je crois que l'on m'appelle !
Faites, monsieur, faites...