‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 3)Chapitre 114 sur 129 · VALENTINE, MONTE-CRISTO · texte numérisé non relu

VALENTINE, MONTE-CRISTO

Tandis que la porte de madame de Villefort se referme, celle de Monte-Cristo s'ouvre, et le Comte reparait.

MONTE-CRISTO

Eh bien, doutez-vous encore?

Oh ! mon Dieu !

MONTE-CRISTO

Vous avez vu ?

Hélas !

MONTE-CRISTO

Vous avez reconnu ?

Oui ; mais je n'y puis croire.

MONTE-CRISTO

Alors, vous aimez mieux mourir et faire mourir Maximilieu ?

VALENTT

Maia up puis-je donc quitter la maison? ne puis-je me sauver?

MOHTB-CBJ

Valnitine, la main qui vous poursuit vous atteindra par-

tout. Tenez, si vous aviez bu ce que madame de Villefort vient de versar dans ce verre, Valentiue vous étiez perdue!

(Il jette le contenu du verre par la fenêtre.)

Oh ! mon Dieu ! pourquoi doue me poursuit-elle ainsi ? Je ne lui ai jamais fait de mal.

MONTE-CRISTO

Mais vous êtes riche, Valentiue ; mais vous avez deux cent mille livres, vous les enlevez à son fils.

Edouard! malheureux enfant! Et c'est pour lui que l'on commet tous ces crimes? Pauvre Edouard! Oh ! pourvu que tout cela ne retombe pas sur lui !

MONTE-CRISTO

Vous êtes un ange, Valentine !

Et c'est dans l'esprit d'une femme qu'un pareil projet a pris naissance ! Oh ! mon Dieu ! oh ! mon Dieu !

MONTE-CRISTO

Valentine, votre ennemie est vaincue du moment que nous l'avons devinée. Vous vivrez pour être heureuse et rendre un noble cœur heureux; mais, pour vivre, Valeutine, il faut avoir toute confiance en moi.

VALENT1NB.

Ordonnez; que faut-il faire?

MONTE-CRISTO

Prendre aveuglément ce que je vou; donnerai.

Eh bien, monsieur, disposez de moi. Mon Dieu ! mon Dieu ! que va-t-il donc arriver ?

MONTE-CRISTO

Quelque chose qui arrive, Valentine, ne vous épouvantez pas; si vous souffrez, si vous perdez la vue, ne craignez pas; si vous vous réveillez sans savoir où vous êtes, n'ayez pas peur, dussiez-vous, en vous réveillant, vous trouver dans quelque caveau sépulcral ou clouée dans quelque bière : quelqu'un veille sur vous.

(Un orage commence; éclairs pâles et rares; tonnerre lointain.)

Laissez-moi prier un instant. (Elle prie.) Donnez, maintenant.

(Monte-Cristo lui présente une pastille dans un drageoir.) MONTE-CRISTO.

Ma fille, croyez en mon dévouement pour vous; croyez en la bonté de Dieu et dans l'amour de Maximilien. VALENTINE ; elle porte la pastille à ses lèvres. Il le faut?

MONTE-CRISTO

Oui. (vaientine mange la pastille.) Et maintenant, au revoir, mou enfant ! vous êtes sauvée.

(Il rentre dans la bibliothèque.)

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