‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 3)Chapitre 16 sur 129 · BAPTISTIN · texte numérisé non relu

BAPTISTIN

Oh ! Excellence !

MONTE-CRISTO

Je ne me plains pas, monsieur Baptistin. Cependant, je dé-ire que cela s'arrête à ce point. Vous ne trouveriez donc nulle part une condition pareille à celle que votre bonne fortune vous a donnée. Je ne bats jamais mes gens, je ne jure jamais, je ne me mets jamais en colère, je pardonne toujours une erreur, jamais une négligence ou un oubli; mes ordres sont d'ordinaire court», mais clairs et précis; j'aime mieux les répéter à deux fois, et même à trois, que de les voir mal interprétés. Je suis assez riche pour savoir tout ce que je veux savoir, et je suis fort curieux, je vous en prériens; si j'apprenais donc que vous eussiez parlé de moi en bien ou en mal, commente mes actions, surveille ma conduite, vous sortiriez de cliez moi à l'instant même. Je n'avertis jamais mes domestiques qu'une fois; vous voilà averti, allez. (Baptistin s'inclino et s'apprête à sortir.) A propo^. j'oubliais

de vous dire que, chaque année, j<' place une certaine somme sur la tête de mes gens.; ceux que je renvoie perdent nécessairement cet argent, qui profite à ceux qui restent. Voilà un

an que vous êtes chez moi, votre fortune est commencée, continuez-la.

(Ali entre.) BAPTISTIN.

Je tâcherai de me conformer en tout point aux désirs de Votre excellence; d'ailleurs, je me modèlerai sur M. Ali.

MONTE-CRISTO

Oh! pas du tout! Ali a beaucoup de défauts mêlés à ses qualités; ne prenez donc pas exemple sur lui, car Ali est une exception, Ali n'a point de gages, Ali n'est pas un domestique, c'est mon esclave, c'est mon chien. Si Ali manquait à .son devoir, je ne le chasserais pas, je le tuerais. Vous doutez ? N'est-ce point vrai, Ali? (Ali s'approche, met un genou en terre et baise respectueusement la main de son maître.) Maintenant, allez.

(Ali et Baptistin sortent.)

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