SCÈNE V ANNE D'AUTRICHE, BERINGHEN
ANNE, regardant Mazarin s'éloigner.
Reringhen !
BERINGHEN
Madame?
ANNE
Vous ne m'avez pas dit tout ce que vous aviez à me dire n'est-ce pas?
BERINGHEN, les yeux sur l'antichambre.
Non, madame, pas tout à fait.
ANNE
Au moment du départ, le roi ne s'est-il pas plus particu lièrement occupe d'une personne que d'une autre?
BERINGHEN
Si fait, madame ! il a accompagné mademoiselle de Man cini, chevauchant à sa portière, en costume de chasse, et cela jusqu'au faubourg Saint-Antoine; là seulement, il a pris congé d'elle.
ANNE
Sait-on ce qu'il a dit en la quittant?
BERINGHEN
Voici ce qu'on a entendu : Comme mademoiselle de Mancini manifestait la crainte que cette séance du parlement annoncée pour aujourd'hui ne retardât la partie de chasse engagée : « Mademoiselle, a dit le roi, vous pourrez assurer à ceux qui vous interrogeront à ce sujet, que ce n'est point une centaine de robins a-semblés au palais de justice qui m'empêcheront de lancer le cerf à l'heure convenue. » Et, à ces mots, il a tourné bride avec MM. de Saint-Aignan, de Villeroi et de Guiche, et il est rentré dans Paris au grand galop de son cheval.
ANNE, pensive.
Dans Paris! Où peut-il être allé?