SCÈNE VIII Les Mêmes, LE DUC D'ANJOU
C'est toi, Philippe?
d'anjod.
Oui, madame.
ANNE
Oh ! par bonheur, il n'y a personne, et tu peux m'appeler ma mère.
d'anjod.
Tant mieux ! car j'ai une grâce à te demander.
ANNE
Laquelle ?
d'anjod.
Mais, d'abord, comment me trouves-tu, ce matin, petite mère ?
ANNE
Beaucoup trop beau pour un homme 1 d'anjod.
Bon ! toi aussi?... Imagine-toi que le chevalier de Lorraine m'a fait faire une pommade pour les lèvres... Tiens, regarde mes lèvres.
ANNE
Elles sont, en effet, d'une adorable fraîcheur.
d'anjod.
Et que Guiche m'a apporté un opiat pour les dents,.. Vois.
ANNE
Tes dents sont si belles, mon enfant, qu'elles n'ont pas besoin d'opiat.
d'anjod.
11 n'y a rien de si beau, petite mère, qui ne puisse s'embellir encore.
xix. 5
ANNE
Mais pourquoi donc veux-tu être si beau, je te le demande?
d'anjou.
Mais pour plaire, donc !
ANNE
Regarde le roi : est-ce qu'il passe tout son temps à sa toilette !
d'anjoc.
Le roi est le roi : il n'a pas besoin de plaire, puisqu'il peut commander, lui.
ANNE
En entrant ici, tu me parlais d'une grâce...
d'anjod.
Ah ! oui, c'est vrai.
ANNE
Eh bien ?
d'anjod.
Oh ! c'est une chose à laquelle je tiens tout à fait, je t'en préviens, petite mère... Ah ! à propos, tu as vu mes gants de peau d'Espagne?
Non, mais je les vois.