‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 4)Chapitre 30 sur 151 · SCÈNE VIII Les Mêmes, LE DUC D'ANJOU · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII Les Mêmes, LE DUC D'ANJOU

C'est toi, Philippe?

d'anjod.

Oui, madame.

ANNE

Oh ! par bonheur, il n'y a personne, et tu peux m'appeler ma mère.

d'anjod.

Tant mieux ! car j'ai une grâce à te demander.

ANNE

Laquelle ?

d'anjod.

Mais, d'abord, comment me trouves-tu, ce matin, petite mère ?

ANNE

Beaucoup trop beau pour un homme 1 d'anjod.

Bon ! toi aussi?... Imagine-toi que le chevalier de Lorraine m'a fait faire une pommade pour les lèvres... Tiens, regarde mes lèvres.

ANNE

Elles sont, en effet, d'une adorable fraîcheur.

d'anjod.

Et que Guiche m'a apporté un opiat pour les dents,.. Vois.

ANNE

Tes dents sont si belles, mon enfant, qu'elles n'ont pas besoin d'opiat.

d'anjod.

11 n'y a rien de si beau, petite mère, qui ne puisse s'embellir encore.

xix. 5

ANNE

Mais pourquoi donc veux-tu être si beau, je te le demande?

d'anjou.

Mais pour plaire, donc !

ANNE

Regarde le roi : est-ce qu'il passe tout son temps à sa toilette !

d'anjoc.

Le roi est le roi : il n'a pas besoin de plaire, puisqu'il peut commander, lui.

ANNE

En entrant ici, tu me parlais d'une grâce...

d'anjod.

Ah ! oui, c'est vrai.

ANNE

Eh bien ?

d'anjod.

Oh ! c'est une chose à laquelle je tiens tout à fait, je t'en préviens, petite mère... Ah ! à propos, tu as vu mes gants de peau d'Espagne?

Non, mais je les vois.

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