SCÈNE VIII Les Mêmes, le Bourgmestre, sur le seuil
LE BOURGMESTRE
Arrêtez, monsieur !
CÉLESTUS.
Le bourgmestre!...
LE BOURGMESTRE, se retournant.
Deux hommes à la porte de la rue, et que personne ne sorte!
WOLF et CÉLESTUS.
Qu'est-ce que c'est que cela ?
xix. 2
LE BOURGMESTRE
Vos noms prénoms, et qualités?... Ah! pardon, c'est M. Wolf; vous pouvez sortir, monteur !
WOLF
Bien obligé, monsieur.
(Il sort.) CÉLESTUS.
Monsieur Babenhausen, que signifie...?
LE BOURCMESTi.i;.
Monsieur Celestus, j'ai bien l'honneur de tous souhaiter le bonsoir, ou plutôt bonne nuit, car il commence à se faire tard... Hum!
(Il regarde à droite et à gauche.) CÉLESTUS.
Si tard, mon cher voisin, que je vous demanderai a quel heureux hasard je dois l'honneur de votre visite ?
LE BOURGMESTRE
Hum!... monsieur Celestus, jevous dirai...
CÉLESTUS.
Quoi ?
LE BOURGMESTRE
Je vous dirai que j'ai les ordres les plus sévères...
(Il regarde de tous eûtes.) CLLESTUS.
Les ordres...
LE BOURCMESTRE.
Les plus sévères... Jevous dirai que je cherche...
CÉLESTUS.
Je vois bien que vous cherchez... Mais que cherchez-vous?
LE BOURGMESTRE
Je cherche... un homme.
CÉLESTUS.
On homme?
LE BOURGMESTRE
On jeune homme!
CÉLESTUS.
Un jeune bomme?...
LE BOURGMESTRE
Que j'ai ordre d'arrêter, monsieur Celestus, et qui doit Cite cache chez vous.
RO.MULUS 27
CÉLESTUS.
Caché chez moi?
LE BOURGMESTRE
Oui, monsieur, il a été vu dans la maison et reconnu...
CÉLESTUS, à part.
Il est reconnu!
LE BOURCMESTRE.
Malgré son masque.
CÉLESTUS.
Son masque? Je n'y suis plus du tout. Mais de qui parlezvous ?
LE BOURGMESTRE
Oh ! vous le savez bien.
CÉLESTUS.
Non, parole d'honneur !
LE BOURGMESTRE
Je parle du digne élève de votre ami Wolf, de maître Conrad, le brûleur de villes... Hum !
CÉLESTUS.
Conrad!... Mais, monsieur le bourgmestre, qui peut vous faire croire qu'il soit ici?
LE BOURGMESTRE
Je vous dis qu'il y a été vu, monsieur.
(Il continue de regarder partout.) CÉLESTUS.
Monsieur le bourgmestre, je vous donne ma parole d'honneur que je n'ai pas vu Conrad et que j'ignore où il est.
LE BOURGMESTRE
Monsieur, je vous crois, comme homme ; mais, comme magistrat, vous permettrez monsieur Célestus, que je continue ma perquisition ?
CÉLESTUS.
Oh! continuez, monsieur; continuez.
11 n'est poin dans cette chambre: passons à une autre. Veuille/ m 'éclairer, monsieur.
Il fait un pas vers la gauche.) CÉLESTUS.
Mais où allez-vous?
LE BOUKGMESTRE.
Je vais où je n'ai pas été, monsieur; quand on faitune perquisition, on visite toutes les chambres.
CÉLESTUS, se plaçant devant la porte de gauche.
Hais celte chambre, monsieur, est celle de ma sœur.
LE BOURGMESTItE.
Alors, prévenez mademoiselle votre sœur que je vais visiter sa chambre.
CÉLESTUS.
.Mais vous ne supposez pas, monsieur Babenhausen, que, si M. Conrad était caché ici , il serait caché dans la chambre de ma sœur?
LE BOUBGMESTRE.
Je ne suppose rien, monsieur; seulement, j'ai un mandat et je l'exécute. Veuillez m'ouvrir la porte de la chambre de mademoiselle votre sœur.
CÉLESTUS.
Ah! maître Babenhausen! maître Babenhausen!
LE BOURGMESTltE.
Plaît-il, monsieur?
CÉLESTUS.
Voyons, entrez et que cela finisse ! (il prend la bougie sur lo gnéridon à gauche. Arrivé à la porte, il dit au Bourgmestre. ) Passez, monsieur.
LE BOURGMESTRE
Après vous !
Passez donc !
Après vous !
CELESTUS.
'URGMESTIIE.
(Pendant qu'ils entrent chez Marthe, la porte de droite s'ouvre lentement; l'Homme masqué entre avec précae.li t> l > porte et va écouter à celle
4e Marthe.)