‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 4)Chapitre 80 sur 151 · SCÈNE XXX · texte numérisé non relu

SCÈNE XXX

BERNOUIX, GUITAUT, puis MOXTGLAT, puis VILLEQUIER et DANGEAU.

BERNOUIN

Diable ! je crois Son Éminence de mauvaise humeur.

GUITAUT

Oui, et sa mauvaise humeur lui fait perdre la mémoire... Enfin, qu'il se souvienne des cinquante mille écus, et c'est tout ce que je lui demande.

(Bernouin et Guitaut sortent chacun d'un côté.) MONTGLAT, même entrée que la précédente.

Avoir été quinze ans grand maître des cérémonies, c'est-àdire avoir exercé cette charge importante pendant cinq mille jours et cinq mille nuits; avoir constamment su qui entrait chez le roi, et qui en sortait, et qu'il arrive une heure, où un homme inconnu entre et sorte sans que je sache par où ni comment! Voilà une de ces humiliations comme en réservent

les nouveaux règnes aux vieux serviteurs! voilà une de cef défiances qui poussent un grand maître des cérémonies au désespoir] (Villequier et Dangcao entrent et s'approchent chacun d'uD côté de Montrât.) Aussi, cela De saurait durer, à mon égard du moins, et, à la première occasion, je me pose devant le roi, rt je lui dis, tout ensemble avec le respect que je lui dois ci la dignité que je conserve pour moi-même...

VILLEQUIER

Voyons, que lui dites-vous, Montglat?

MONTGLAT

Ah ! c'est vous, Villequier !

DANCEÀU.

Nous écoutons.

MONTGLAT

Ah! c'est vous, Dangeau 1 Eh bien, jelui dis: « Sire, Votre Majesté a pris une mesure qui remplit de tristesse le cœur de ses fidèles sujets! Sire, Votre Majesté garde scrupuleusement l'incognito de son agent secret; mais, malgré le silence de Votre Majesté, on a vu cet agent, on connaît cet homme, et quelque chose de son passé transpire qui épouvante les amis du roi pour l'avenir ! On dit sourdement que la pression de cette main inconnue devient insupportable; on dit... »

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