SCÈNE XVIIÏ
Les Mêmes, Danseuses bohèmes, tous les Invités, puis Là MARQUISE, MALATESTA, ASCANIO, ANIELLO.
CHŒUR
(Danse pendant le chœur.)
La joyeuse nuiti Oui, tout nous séduit, Et vient, on ces lieux, Enivrer nos yeux.!
Musique charmante, Palais enchanté!
Qu'on fête et qu'on chanlo Une déilél...
La Marquise s'est avancée doucement et fait un signe mystérieux à Lilla, qui entraîne au fond les Invités et les Danseurs. — La danse continue aU fond pendant la scène qui suit.)
LA MARQUISE, qui s'est aprochée de Gennaro, rêveur, à demi-voix» Avez-vous au roman d'Elvire, Beau chevalier, réfléchi jusqu'au bout?
GENNARO, tristement.
Oui, marquise, et je crois qu'il ne reste à Ramira Qu'à dire : « Je consens à tout!... »
LA MARQUISE
Ainsi, lorsqu'à vous je m'adresse, A qui parlé- je?...
A votre fiancé.
Songez-y bien, cette promesse N'est point un vain mot prononcé...
GENNARO
Marquise, à vos genoux j'engage Ma personne, mon cœur, ma foil Prenez-en cet r.nneau pour gage...
LA MARQUISE, lui donnant un médaillon.
Vous, prenez ce portrait... Ce portrait, c'était moi...
GENNARO
Ce portrait, c'était vous!...
(A part.)
Pourquoi N'est-ce plus elle!... Quel dommage!...
LA MARQUISE, à tous les Invités, qni reviennent en scène. Venez tous, seigneurs! venez tous!
Je vous annonce une nouvelle...
(Regardant Malatesta.)
Qui va faire plus d'un jaloux...
A l'amour jusqu'ici rebelle, Je me marie...
MALATESTA, à part avec joie, s'avançant. Elle est fidèle Au pacte souscrit entre nous...
TOUS, s'avançant.
Et quel est cet heureux époux?..,
MALATESTA, tout triomphant.
C'est moi...
LA MARQUISE, présenLanl Gennaro.
Le voici I
MALATESTA, éperdu.
Quoi !
TOUS
Gennaro, son époux f LlLlA; ASOANIO, ANIELLO et LE CHŒUR, avec explosion. Quel brillant hy menée!
Amis, célébrons tous La belle destinée De CCS nubies époux.
Que cette nuit s'achève Au bruit des chants d'amour!
L'aurore qui se lève Présngc un plus beau jour!
GENNAUO, à pari.
Quel fatal hyménée!
Trop malheureux époux Faut-il, ô destinée!
Subir ainsi tes coups f Oui, mon malheur s'achève; C'en est fait, sans retourl Adieu donc, mon beau rêve De plaisirs et d'amour I LA MABQUISE, regardant lendrciïient Gennaro. Quel heureux hyménée I Auprès d'un tendre époux, Pour toujours enchaînée, Du sort bravons les coups 1 Que cette nuit s'achève Au bruit des chants d'amour î L'aurore qui se lève Présage un plus beau jour!
MALATESTA, avec fureur, à part.
Trop fatal hyménée t.. .
Il devient son époux!
Ma flamme est dédaignée... Qu'il craigne mon courroux!
Oui, mon malheur s'achève; C'en est fait, sans retour!
Adieu donc, mon beau rêve De fortune et d'amour!
LA MARQUISE, aux Invités Partagez le bon'.ieur que le ciel nous envoie I... ASCANIO, à ses amis.
Jusqu'à demain, qu'on danse et qu'on festoie!... 6ENNÀR0, d'?m ton de reproche à Lilla, qui s'est approchée de lui. Toi qui, dans tes prédictions.
Me promettais bonheur et joie!
LILLA, riant.
Eh bien, vous êtes sur la voie...
Vous épousez des millions!
MALATESTA, avec colère, à Lilla, qui s'est avancée ensuite vers lui d'uQ
air railleur.
Lilla!... Lilla!... gare à la corde!...
Je devais èlre heureux...
LILLA
Miséricorde!...
Plaignez-vous donc.
Vous qui restez garçon t