SCÈNE VIT ADÈLE, CLARA
CLARA
Que fais-tu? Du courage, du courage!
ADÈLE
Oh! j'en ai, ou plutôt, j'en ai eu; car il s'est usé dans mes dernières paroles. Oh ! si tu savais comme il m'aime, l'insensé I
CLARA
As- tu préparé une lettre pour lui ?
ADÈLE
Une lettre ? Oui, la voici.
CLARA
Donne.
ADÈLE
Qu'elle est froide, cette lettre ! .. qu'elle est cruellement froide! Il m'accusera de fausseté. Eh! le monde ne veut-il pas que je sois fausse ? C'est ce que la société appelle devoir, vertu. Elle est parfaite, cette lettre. Tu la lui remettras. ..
Viens, viens, tout est prêt; le domestique qui doit t'accompagner t'attend.
ADÈLE
Bien. Par où faut-il que j'aille?... Conduis-moi; tu vois bien que suis prête à tomber, que je n'ai pas de forces, que je n'y vois plus.
(Elle tombe sur une chaise.) CLARA.
Oh! ma sœur! songe à ton mari.
ADÈLE
Je ne puis songer qu'à lui.
CLARA
Songe à ta fille.
ADÈLE
Ah ! oui, ma fille!
(Elle entre dans le cabinet.) CLARA.
Embrasse-la, pense à elle ; et maintenant, maintenant, pars.
ADELE, se jetant dans les bras de Clara. Oh ! Clara, Clara! que tu dois me mépriser!... Ne me reconduis pas; je te parlerais encore de lui... Adieu, adieu; prends soin de ma fille.
CLARA
Le ciel te garde !