‹ Théatre [sic] complet de Alex. DumasChapitre 117 sur 175 · SCÈNE VIT ADÈLE, CLARA · texte numérisé non relu

SCÈNE VIT ADÈLE, CLARA

CLARA

Que fais-tu? Du courage, du courage!

ADÈLE

Oh! j'en ai, ou plutôt, j'en ai eu; car il s'est usé dans mes dernières paroles. Oh ! si tu savais comme il m'aime, l'insensé I

CLARA

As- tu préparé une lettre pour lui ?

ADÈLE

Une lettre ? Oui, la voici.

CLARA

Donne.

ADÈLE

Qu'elle est froide, cette lettre ! .. qu'elle est cruellement froide! Il m'accusera de fausseté. Eh! le monde ne veut-il pas que je sois fausse ? C'est ce que la société appelle devoir, vertu. Elle est parfaite, cette lettre. Tu la lui remettras. ..

Viens, viens, tout est prêt; le domestique qui doit t'accompagner t'attend.

ADÈLE

Bien. Par où faut-il que j'aille?... Conduis-moi; tu vois bien que suis prête à tomber, que je n'ai pas de forces, que je n'y vois plus.

(Elle tombe sur une chaise.) CLARA.

Oh! ma sœur! songe à ton mari.

ADÈLE

Je ne puis songer qu'à lui.

CLARA

Songe à ta fille.

ADÈLE

Ah ! oui, ma fille!

(Elle entre dans le cabinet.) CLARA.

Embrasse-la, pense à elle ; et maintenant, maintenant, pars.

ADELE, se jetant dans les bras de Clara. Oh ! Clara, Clara! que tu dois me mépriser!... Ne me reconduis pas; je te parlerais encore de lui... Adieu, adieu; prends soin de ma fille.

CLARA

Le ciel te garde !

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