SCÈNE PREMIÈRE
LES ARCHERS, à table; YAQOUB, debout derant la por* de Jjérengère.
UN ARCBER.
Pardieu î la venaison est bonne!
ANDRÉ
Elle est parfaite!...
Je ne me doutais pas que pour pareille fête, Hier, certes, au château je rapportais ce daim... Un morceau, sans rancune, Yaqoub.
YAQOUB.
Je n'ai pas faim.
UN ARCHER, à André.
Ah çà ! mais te voilà dans la faveur du maître ! Tu nous protégeras.
ANDRÉ
Vous raillez ; mais peut-être C'est quelque chose au moins qu'avoir été choisi, Messieurs, par monseigneur Charles de Savoisy, Pour amener sa femme en ce château... J'espère Qu'un nouveau mariage enfin le rendra père, Et que je n'irai pas une seconde fois En pareille ambassade... A cet effet, je bois A la jeune comtesse !
TOUS
Et nous!... nous!...
YAQOUB.
Misérable!...
ANDRÉ
Hein ! que dis-tu ?
YAQOUB.
Je dis qu'hier, à cette table, Par toi-même excités, les hommes que voici Acceptaient tous un toast pareil à celui-ci... Seulement, il était à la santé d'une autre.
ANDRÉ
Porte ton toast à toi : nous porterons le nôtre.
YAQOUB.
Je ne bois pas.
ANDRÉ
Eh bien, laisse-nous boire alors ; Ou, si nous te gênons, va faire un tour dehors.
YAQOUB.
Il me plaît de rester.
Reste ; mai?, par Saint-Charle !
Tais-toi.
YAQOUB.
J'ai quelque chose à dire encore.
ANDRÉ
Parle.
YAQOUB.
Qu'un seul fesse raison à cet archer maudit, Et je brise son verre entre ses dents. — J'ai dit.
(André se lève pour menacer Yaqoub.
OH ARCHER, bas, a André.
Souviens-toi de Raymond!...
(On entend la cloche.)
Il faut qu'à la chapelle Nous nous rendions, André : voilà qui nous appelle.
(Ils sortent.)